Colis piégés: «Travail de pro»: Un artificier saoudien «suspect clé»
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Colis piégés: «Travail de pro»Un artificier saoudien «suspect clé»

Ibrahim Hassan al-Asiri, un Saoudien installé au Yémen, est le «suspect clé» des autorités américaines dans deux tentatives en moins d'un an d'attentats spectaculaires contre les Etats-Unis.

«Le câblage du dispositif montre que cela a été fait des professionnels», selon les enquêteurs.

«Le câblage du dispositif montre que cela a été fait des professionnels», selon les enquêteurs.

Des dispositifs explosifs dissimulés dans des imprimantes ou dans des sous-vêtements: un jeune artificier ingénieux d'Al-Qaïda est un «suspect clé» des autorités américaines dans deux tentatives en moins d'un an d'attentats spectaculaires contre les Etats-Unis. Ibrahim Hassan al-Asiri, un Saoudien installé au Yémen, est âgé de 28 ans et est connu des services de renseignement américain et saoudien pour avoir fabriqué la bombe avec laquelle son petit frère, Abdullah, a tenté d'assassiner en août 2009 le responsable saoudien de la lutte anti-terroriste.

Des explosifs dissimulés dans ses sous-vêtements, le jeune homme avait réussi à s'approcher du Prince Mohammed Ben Nayef Ben Abdel Aziz, vice-ministre saoudien de l'Intérieur, et s'était fait exploser, ratant sa cible qui s'en est tirée avec des blessures superficielles.

Dimanche, un responsable anti-terroriste américain a affirmé à l'AFP que Ibrahim al-Asiri était «un suspect-clé» dans l'enquête sur les deux bombes dissimulées dans des imprimantes expédiées par colis à destination des Etats-Unis mais interceptées vendredi en Grande-Bretagne et à Dubaï.

Les deux colis piégés contenaient suffisamment de penthrite, un puissant explosif, pour provoquer la chute d'un avion.

«Nous disposons d'éléments suggérant qu'il a joué un rôle dans plusieurs complots d'Al-Qaïda dans la péninsule arabique, dont la tentative d'assassinat d'un responsable saoudien et la tentative d'attentat à Noël l'an dernier», sur le vol Amsterdam-Detroit, a-t-il ajouté.

Le principal conseiller anti-terrorisme auprès du président américain Barack Obama, John Brennan, avait déjà fait le lien entre les deux attentats, fondés sur la technique de fabrication des engins explosifs, dimanche sur la chaîne de télévision ABC, parlant d'un «même» artificier pour les deux tentatives.

Le 25 décembre 2009, un Nigérian de 23 ans nommé Umar Farouk Abdulmutallab, était monté dans un avion de ligne Amsterdam-Detroit, de la poudre explosive cachée dans ses sous-vêtements à la hauteur du haut de sa cuisse.

Dans l'appareil qui transportait 289 personnes, il avait utilisé une seringue pour injecter un produit chimique dans la poudre, une technique jamais observée auparavant, indétectable dans les systèmes de sécurité des aéroports.

Mais une fois encore, l'explosion n'a pas produit les effets escomptés par l'artificier. Les passagers ont rapporté avoir entendu un bruit sourd, vu de la lumière puis des flammes, qu'ils ont vite maîtrisées. Seul Umar Farouk Abdulmutallab a été grièvement brûlé.

Dans une vidéo mise en ligne par Al-Qaïda après l'attentat manqué d'août 2009, Ibrahim Hassan al-Asiri apparaît, les traits brouillés, en conversation avec son frère qui affirme avoir décidé de mourir en martyr et lui fait ses adieux.

A leurs côtés, le chef militaire de la branche yéménite d'Al-Qaïda, Qassem al-Rimi, déclare qu'Ibrahim voulait lui aussi mourir en martyr mais que son frère avait finalement été retenu pour mener l'opération.

Installé au Yémen, Ibrahim Hassan al-Asiri, né en 1981, figure sur la liste des 85 hommes les plus recherchés d'Arabie saoudite mais aussi sur la liste des 15 personnes les plus recherchées au Yémen.

Selon Christophe Boucek, expert du Centre Carnegie pour la paix dans le monde, spécialiste du Yémen, M. Al-Asiri a également été accusé par les autorités yéménites et saoudiennes d'autres complots contre des responsables saoudiens et des sites pétroliers. (afp)

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