Actualisé 05.05.2014 à 10:14

FranceUn artiste jugé coupable d'exhibitionnisme

Le Sud-Africain Steven Cohen, qui avait dansé le sexe enrubanné relié à un coq lors d'un spectacle de rue à Paris, n'a toutefois écopé d'aucune sanction pénale.

Le Tribunal correctionnel de Paris a jugé que l'infraction d'exhibition sexuelle était constituée. Mais il a tenu compte du côté artistique de la démarche, du fait qu'aucune plainte n'avait été déposée et a aussi relevé que l'artiste ne s'était «à aucun moment livré à des actes sexuels», selon les mots du président du tribunal. Qui, du coup, a estimé qu'il ne convenait pas de prononcer de sanction pénale envers l'accusé.

Le 10 septembre 2013 au matin, à une heure de faible affluence, Steven Cohen, 51 ans, était apparu en bustier et string blancs, avec des gants rouges munis de plumes au bout des doigts, sur le parvis du Trocadéro, à Paris. Couronné d'une coiffe réalisée avec un faisan empaillé, l'artiste sud-africain avait alors entamé une chorégraphie avec un coq qui était attaché à son sexe enrubanné, dont le bout était apparent.

«Ce que j'ai fait, c'est de l'art», mais «ça n'a rien à voir avec la sexualité», avait expliqué à la barre l'artiste à l'allure frêle, lors de son audience, le 24 mars. «Si vous me condamnez, c'est dommage pour la France.»

Pas même les bonnes soeurs

Steven Cohen avait assuré, avec un fort accent anglophone, que «ce n'était pas le pénis le focus». «L'attraction était sur le costume», qui évoquait les cabarets parisiens. L'idée du spectacle était «de faire quelque chose de léger, en même temps sérieux», avait expliqué l'artiste.

«Le fait d'avoir le mouvement dans l'espace est politisé en Afrique du Sud», et cette performance traduisait l'expression d'une identité, «mâle, Blanc, homosexuel, juif». Tout cela n'avait «rien à voir avec le sexe», mais était lié à «l'identité du genre». L'homme avait aussi fait valoir que personne, pas même les bonnes soeurs qui passaient par là, ne s'était plaint. (ats)

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