Actualisé 11.04.2011 à 22:48

BélarusUn attentat dans le métro de Minsk fait un carnage

Une violente explosion a fait au moins onze morts et une centaine de blessés lundi soir dans le métro de Minsk, dans le centre de la capitale du Bélarus.

«Un attentat a été commis aujourd'hui vers 17H54 à la station Oktiabrskaïa», a déclaré le procureur général adjoint du Bélarus, Andreï Chved, cité par l'agence Ria Novosti à l'issue d'une réunion avec le président Alexandre Loukachenko.

Un peu plus tôt, un porte-parole de la police de Minsk avait déclaré que la capitale avait été placée en état d'alerte à la suite d'une explosion causée par «un engin explosif inconnu». «Nous étudions toutes les pistes possibles, a-t-il dit à des journalistes.

Le président Loukachenko, s'est rendu sur les lieux de l'explosion avec les responsables des forces de l'ordre et a convoqué un conseil des ministres, a pour sa part estimé que l'attentat avait pu être organisée «depuis l'étranger». Il a chargé le chef du KGB de «retourner tout le pays» pour retrouver les coupables, selon les agences.

A l'heure de pointe

Selon l'agence de presse nationale BelTA, la déflagration s'est produite à l'heure de pointe, peu avant 18h00, à la station Oktyabrskaya, située sur la place éponyme à une centaine de mètres du bâtiment de l'administration présidentielle.

Peu après l'explosion, de la fumée noire sortait de la station de métro Oktiabrskaïa et des passagers s'échappaient du souterrain, le visage ensanglanté, certains ayant les vêtements en lambeaux, selon des témoins. Des images de télévision ont montré la station de métro enfumée, des blessés au sol ou appuyés contre des piliers alors que d'autres fuyaient.

Un homme de 52 ans, qui a dit s'appeler Igor, a déclaré que la rame entrait dans la station lorsque l'explosion s'est produite sur le quai. «Les portes se sont ouvertes et ensuite il y a eu une explosion», a-t-il raconté. D'autres témoins cités par des médias ont parlé d'un éclair, d'une déflagration et de débris tombant du plafond de la station.

Tensions vives

Les tensions politiques sont vives au Bélarus depuis la réélection, le 19 décembre, de M. Loukachenko pour un quatrième mandat, avec plus de 80% des voix. L'opposition a dénoncé des fraudes électorales.

La répression par la police d'une manifestation de l'opposition contre la manière dont s'est déroulé le scrutin de décembre a entraîné des sanctions occidentales, notamment une interdiction de voyager faite à Loukachenko et à ses plus proches collaborateurs.

Vingt-deux opposants sont encore en détention provisoire et cinq ont fui à l'étranger, notamment l'un des candidats à la présidentielle, Ales Mikhalevitch, qui a obtenu l'asile politique en République tchèque.

Plusieurs dizaines d'opposants, parmi lesquels plusieurs candidats à la présidentielle, ont été inculpés d'»organisation de troubles massifs» à la suite de ces événements, encourant jusqu'à 15 ans de prison. (afp)

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