Actualisé 14.03.2016 à 09:08

TurquieUn attentat fait 34 morts et 125 blessés

Trois personnes ont succombé à leurs blessures. Le bilan monte à 37 morts.

Un attentat à la voiture piégée a frappé dimanche soir le centre d'Ankara.

Cette nouvelle attaque a fait au moins 34 morts et 125 blessés, a annoncé le bureau du gouverneur de la capitale turque.

«La déflagration a été causée par un véhicule rempli d'explosifs à proximité de la place de Kizilay», a ajouté le gouvernorat dans un communiqué. Cet attentat n'a pas été revendiqué dans l'immédiat.

L'explosion s'est produite à 18h45 locales sur cette place très fréquentée située en plein coeur d'Ankara, qui abrite de nombreux commerces et par laquelle passent de nombreuses lignes de bus et où se trouve une station de métro.

Près d'un arrêt de bus

Selon les médias turcs, l'explosion s'est produite à proximité d'un arrêt de bus. Des coups de feu ont été entendus après la déflagration pendant que les ambulances convergeaient vers le site, selon des responsables. Une colonne de fumée pouvait être aperçue à 2,5 de distance, a précisé un correspondant de l'agence Reuters.

Les blessés sont traités dans dix hôpitaux de la capitale, «une dizaine d'entre eux» sont dans un état grave, selon une source médicale. La police turque a déployé d'importants effectifs pour bloquer les accès à la place, survolée par des hélicoptères, a constaté un photographe de l'AFP.

Dissidents kurdes

Ankara avait déjà été frappé il y a trois semaines par un autre attentat suicide à la voiture piégée, qui avait fait 29 morts. L'attaque avait visé des cars transportant du personnel militaire.

Cette opération avait été revendiquée par un groupe dissident du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, séparatistes kurdes), les Faucons de la liberté du Kurdistan (TAK). Ce mouvement avait alors annoncé de nouvelles attaques à venir, notamment contre les sites touristiques.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan avait quant à lui affirmé que cet attentat avait été perpétré par les combattants kurdes syriens des Unités de protection du peuple (YPG), avec le soutien du PKK. Le chef du Parti de l'union démocratique (PYD), dont les YPG sont le bras armé, Saleh Muslim, et un des responsables du PKK, Cemil Bayik, avaient rejeté ces accusations.

Attaques attribuées à l'EI

La Turquie vit depuis l'été dernier en état d'alerte maximale après une série d'attentats meurtriers, dont quatre ont été attribués par les autorités au groupe Etat islamique (EI).

Le plus meurtrier d'entre eux, le 10 octobre, avait été perpétré par deux kamikazes qui s'étaient fait exploser au milieu de manifestants de la cause kurde devant la gare centrale d'Ankara, faisant 103 morts. Le 12 janvier, douze touristes allemands ont péri dans un autre attentat suicide dans un quartier touristique d'Istanbul.

Longtemps accusé de complaisance envers les groupes rebelles les plus radicaux en guerre contre le régime de Damas, Ankara a rejoint l'été dernier la coalition antidjihadiste dirigée par les Etats-Unis et multiplié les arrestations pour lutter contre les cellules de l'EI sur son sol.

La Turquie est en outre secouée depuis juillet par la reprise du conflit kurde. D'intenses combats opposent ses forces de sécurité au PKK dans de nombreuses villes du sud-est du pays, peuplé en majorité de Kurdes. Dimanche soir, les autorités turques ont annoncé la mise en place d'un couvre-feu dans deux nouvelles villes de cette partie de la Turquie, à Nusaybin et Yüksekova.

Ces combats ont fait voler en éclats les pourparlers de paix engagés par le gouvernement turc avec le PKK à l'automne 2012 pour tenter de mettre un terme à une rébellion qui s'est soldée par la mort de plus de 40'000 personnes depuis 1984.

(nxp/afp)

(NewsXpress)

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