Un avocat pour défendre les animaux
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Un avocat pour défendre les animaux

Les animaux mal traités doivent pouvoir être défendus devant la justice. La Protection suisse des animaux (PSA) a lancé la collecte de signatures en faveur de son initiative «pour l'institution d'un avocat de la protection des animaux».

Dans la procédure pénale actuelle, seul celui qui maltraite les animaux dispose de droits: ceux de consulter un dossier, d'être représenté par un avocat et d'attaquer un jugement, a déploré Heinz Lienhard, président de la PSA, devant la presse à Berne, selon la version écrite de son discours. Or les lésés, à savoir les animaux et les organisations de protection animale, n'en disposent pas lorsqu'ils dénoncent des mauvais traitements.

Amendes pas dissuasives

Pour Lukas Berger, juriste à la PSA, les sévices envers les animaux sont trop modérément punis dans la pratique. Les amendes les plus souvent prononcées ces dernières années tournent autour de 500 francs. De tels montants n'ont pas d'effets dissuasifs sur les contrevenants.

Sans compter que les autorités s'engagent de manière lacunaire dans le cadre de l'instruction pénale. Cela tient au fait que le lésé et l'inculpé sont toujours la même personne. Seule l'institution d'un avocat de la protection des animaux peut permettre de sortir de ce dilemne, a relevé M.Berger.

L'animatrice de télévision Lolita Morena s'est également insurgée contre la bagatellisation des sévices envers les animaux lors de la conférence de presse. Elle s'est dite scandalisée que des personnes maltraitant les bêtes s'en sortent avec des amendes ridicules ou ne sont pas sanctionnées.

Cantons compétents

La PSA a lancé son initiative populaire «contre les mauvais traitrments envers les animaux et pour une meilleure protection juridique de ces derniers» après avoir retiré son autre initiative «Oui à la protection des animaux». Elle a décidé de recourir à cette arme parce que le Parlement a refusé d'introduire un avocat des animaux dans la révision de la loi sur les animaux en décembre dernier.

Le but de ce texte est d'ancrer dans la constitution l'existence d'un avocat de protection des animaux. Les cantons seraient compétents pour l'introduction de cette fonction. La récolte des signatures dure jusqu'au 31 juillet 2007. (ats)

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