Genève – Un bar associatif trop bénévole risque la fermeture
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GenèveUn bar associatif trop bénévole risque la fermeture

Soupçonneux quant au modèle de La Bretelle, l’État hésite à le laisser rouvrir.

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jef / leo
La Bretelle et ses concerts animent les Étuves depuis 1979.

La Bretelle et ses concerts animent les Étuves depuis 1979.

M. Di Matteo

Les logiques du bénévolat et de l’administration font parfois mauvais ménage. L’emblématique bar associatif La Bretelle, aux Étuves, en fait l’amère expérience. Il est fermé depuis le 1er septembre, car la police du commerce (PCTN) n’autorise pas, pour l’heure, les demandeurs à exploiter. L’association craint pour sa survie et dit son «incompréhension de l’hostilité» des services de l’État.

«L’expérience de la vie»

La PCTN veut s’assurer d’une présence effective sur les lieux d’au moins quinze heures par semaine de l’exploitant. Elle a retoqué un premier dossier, car la prétendante n’a pas fourni d’attestation de son employeur principal l’autorisant à «travailler» sur son temps libre. Puis elle en a préavisé négativement un second parce qu’elle doute, vu «le cours ordinaire des choses et l’expérience de la vie», que le candidat (un employé à 60% de Caritas) n’exige aucune contrepartie. L’homme, investi de longue date dans La Bretelle, estime qu’il s’agit d’une ignorance crasse du fonctionnement associatif, basé sur le bénévolat. Me Olivier Peter, avocat de l’entité, juge ainsi que son «engagement devrait faire l’objet d’une reconnaissance plutôt que d’être qualifié de douteux sans raison valable».

La PCTN, elle, explique qu’elle doit être certaine que si l’exploitant est bénévole, il ne soit pas exploité et que les règles en matière d’assurances sociales ne soient pas contournées. Concernant La Bretelle, elle précise que les carottes ne sont pas du tout cuites. «Des informations complémentaires ont été demandées et sont en cours d’analyse.»

Pas comme une buvette

La Bretelle a beau être gérée par une association, elle n’est pas, au sens de la loi, une «buvette associative», qui jouit de diverses souplesses. Pour obtenir ce titre, un établissement doit être accessoire à une activité principale, par exemple sportive ou culturelle. En l’occurrence, l’association La Bretelle a pour but principal d’exploiter le bar du même nom. Par conséquent, «un traitement particulier par rapport aux concurrents de la même catégorie ne se justifie pas», dit la règle en la matière.

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