Actualisé 24.03.2015 à 12:16

Football en Europe

«Un baromètre inquiétant des maux de la société»

Michel Platini a été reconduit par acclamation dans son mandat de président de l'UEFA . Il dresse un bilan alarmiste de l'insidieuse montée des extrêmes dans son sport.

Michel Platini réclame l'aide des autorités publiques.

Michel Platini réclame l'aide des autorités publiques.

C'est par acclamation que Michel Platini a été reconduit mardi à la présidence de l'UEFA, lors de 39e Congrès de son instance qui se tient à Vienne. Agé de 59 ans, Michel Platini remplie ainsi pour un troisième mandat de quatre ans.

L'ex-triple Ballon d'Or avait accédé pour la première fois au poste en 2007 sur un score serré face au président sortant Lennart Johansson. A Paris, en 2011, il avait été reconduit par acclamation. A Vienne, comme à Paris, aucun autre candidat ne s'était présenté contre son bilan incontesté.

Dans son discours d'ouverture du congrès, Michel Platini a évoqué des «combats qui ne s'arrêtent jamais», dressant des constats alarmants.

Le premier est que «cela faisait très longtemps que nous n'avions pas dû faire face à une telle montée des nationalismes et des extrêmes en Europe». «Cette tendance insidieuse, on la retrouve dans nos stades, car le football est le reflet de la société», a-t-il déclaré. «Notre sport, de par sa popularité, est un baromètre des maux de notre continent, a insisté l'ancien capitaine de l'équipe de France. Et ce baromètre indique des chiffres inquiétants.»

Le «second constat, c'est que nous nous sentons un peu livrés à nous-mêmes dans ces combats que nous menons», a-t-il ajouté. «Nous ne pourrons gagner qu'avec l'aide des autorités publiques. Nous ne sommes, ni législateur, ni magistrat, ni policier. Nous faisons avec les moyens qui sont les nôtres. Des moyens limités.»

Et Platini de renouveler son «appel à une prise des consciences des pouvoirs publics afin d'éviter que nous revivions les heures sombres d'un passé pas si lointain, un passé ou les hooligans et fanatiques en tout genre faisaient régner la loi dans quelques stades d'Europe».

Durcissement

«Ces derniers mois, nous avons tous été marqués par certaines images que je ne pensais pas revoir un jour, a-t-il déploré. Certains d'entre nous ont connu cette époque. Pour moi c'était il y a tout juste trente ans (drame du Heysel, ndlr)... Et personne ne veut revivre cela.»

Et d'appeler à un «durcissement des interdictions de stade au niveau européen» et à «la création d'une police européenne du sport». Récemment, les matches d'Europa League Dynamo Kiev-Guingamp et Feneyoord-Rome avaient été émaillés d'incidents en tribunes.

Un «capitaine qui gagne»

Platini est aussi revenu sur le bilan de l'UEFA depuis qu'il en pris la présidence une première fois en 2007, avant d'être reconduit une seconde fois en 2011.

«Lorsque l'on réussit en huit ans le tour de force de quasiment tripler ses revenus tout en ouvrant ses compétitions au plus grand nombre et en faisant de l'intérêt supérieur du football notre seule ligne de conduite, forcément cela interroge, et peut créer jalousies ou incompréhensions», a-t-il noté.

«Je ne revendique pas ce bilan. Je me considère tout simplement comme votre coéquipier. Ou tout au plus votre capitaine», a encore exposé l'ex-triple Ballon d'or.

«Pas le capitaine d'un navire en pleine tempête qui s'accroche à la barre coûte que coûte. Non. Simplement le capitaine d'une équipe qui gagne», a-t-il ajouté. Joseph Blatter, président de la Fifa, utilise depuis 2011 la métaphore du capitaine qui doit guider le bateau Fifa vers des eaux plus calmes et brigue un cinquième mandat à 79 ans.

(afp)

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