Actualisé 01.10.2012 à 16:55

Aide socialeUn bénéficiaire sur deux éprouve de la honte

Selon une étude bernoise publiée lundi, un bénéficiaire de l'aide sociale sur deux ressent une honte forte à très forte. Ce sentiment est plus marqué dans les régions rurales qu'en ville.

L'équipe de Rosmarie Ruder a interrogé par téléphone 356 personnes ayant déposé une requête d'aide sociale dans les cantons de Berne, Zurich, Lucerne et Grisons. Cette étude, la première du genre en Suisse, a été publiée lundi sous forme de livre.

Il en ressort que trois quarts des personnes interrogées disent avoir eu de la peine à s'adresser aux services sociaux. Entre la prise de conscience de leur situation de détresse financière et la prise de contact, il se passe en moyenne 100 jours, mais parfois jusqu'à un an.

«C'est préoccupant car différentes études montrent que les problèmes de santé sont largement répandus chez les bénéficiaires de l'aide sociale», écrit la HESB. Or plus ils attendent, plus les problèmes de différents types ainsi que les dettes s'accumulent.

La principale raison de cette longue hésitation est la honte: 22% disent avoir éprouvé une très forte honte, 29% une forte honte. Ce sentiment était plus marqué dans les régions rurales qu'en ville.

Conséquence: la proportion de ménages qui répondraient aux critères pour bénéficier de l'aide sociale mais qui ne la demandent pas est estimée entre 40% et 80%, a indiqué à l'ATS Rosmarie Ruder.

Une solution globale

L'étude a également montré que les intéressés espèrent non seulement de l'argent, mais aussi des conseils. «Ils veulent une solution globale des problèmes ayant conduit à leur précarité financière», explique Mme Ruder. Or c'est souvent cette aide qui, par manque de temps et de personnel, ne peut leur être suffisamment fournie.

Enfin, les auteurs soulignent que la procédure d'admission ainsi que la législation varient fortement selon les cantons. «La structure fédérale conduit à une pratique administrative inégale au niveau des cantons et des communes et par là à un traitement inégal des citoyens», écrivent-ils.

De surcroît, la loi ne prescrit pas partout la présence de travailleurs sociaux professionnels, note encore Mme Ruder. (ats)

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