Fribourg: Un boucher attaque le procureur général
Actualisé

FribourgUn boucher attaque le procureur général

Arrêté de façon musclée par la police en avril et hospitalisé de force, Eric Baechler a déposé une plainte pénale contre magistrat, policier et médecins psychiatres.

par
Frédéric Nejad
Le plaignant a dû fermer son commerce à Belfaux depuis les faits.

Le plaignant a dû fermer son commerce à Belfaux depuis les faits.

«C'est la guerre!» Contacté par «20 minutes» au début juillet, Eric Baechler semblait affecté, mais déterminé. «Mon magasin est fermé depuis quatre mois. J'ai dû aller voir un psy, et je prends des médicaments, car je n'arrivais plus à dormir.»

La vie de ce trentenaire semble avoir basculé le 10 avril. Refusant de s'acquitter de 600 fr. pour une contravention infligée en 2011, il reçoit un rappel de paiement.

Eric Baechler téléphone alors au ministère public et tient des propos très menaçants à la secrétaire, selon les dires de celle-ci (mais l'entretien n'est pas enregistré). Il déclare notamment qu'il va mettre fin à ses jours, mais qu'avant cela il viendra au ministère «pour tirer» et qu'il saurait comment accueillir la police si elle venait chez lui. L'homme conteste avoir tenu de tels propos.

Mandatés par le procureur cantonal général, des agents du groupe d'intervention de la police cantonale fribourgeoise (GRIF) sont alors allés arrêter dans l'après-midi Eric Baechler dans sa boucherie. Or la façon dont l'opération plutôt musclée s'est déroulée est dénoncée par l'intéressé.

Son avocat, Alain Ribordy, a déposé en date du 5 juillet une plainte pénale à la fois contre le procureur Fabien Gasser et le caporal F. R. qui a participé à l'opération commando du 10 avril. Le réseau fribourgeois de santé mentale, où Baechler a été interné de force, n'est pas en reste. Son chef de clinique adjoint et cinq autres médecins sont aussi visés par l'action pénale rédigée par Me ­Ribordy.

Pas de cas similaires dans le canton de Vaud

Procureur général vaudois, Eric Cottier a déclaré hier n’avoir encore jamais ordonné une opération similaire à celle de Belfaux (FR) en avril. «Il ne fait pas de doute que le Ministère public comme la police utilisent, après une pesée des intérêts en présence sous l’angle de la proportionnalité, ce type de mesures», souligne Eric Cottier.

Mais il ne s’agit pas selon lui de l’expression d’une volonté sécuritaire accrue. «Pour procéder à un choix, incluant le respect de la proportionnalité, le procureur ou la police ne disposent que d’éléments souvent incomplets, et la décision doit être prise dans l’urgence.»

Ton opinion