Fribourg: Un boxeur amateur profite de sa copine pour se procurer des produits dopants

Publié

FribourgUn boxeur amateur profite de sa copine pour se procurer des produits dopants

Ancien champion romand de boxe, il s’est fait remettre des hormones de croissance commandées illégalement, ainsi que des ordonnances vierges présignées par un médecin.

par
Xavier Fernandez
L’ancien boxeur prenait des hormones de croissance (photo prétexte).

L’ancien boxeur prenait des hormones de croissance (photo prétexte).

Getty Images/iStockphoto

Pensait-il vraiment que son petit manège allait passer éternellement inaperçu? Un boxeur amateur ayant combattu sous les couleurs de différents clubs romands, âgé de 27 ans au moment des faits, a utilisé sa petite amie pour se doper. La jeune femme travaillait pour un cabinet médical fribourgeois. Il l’a poussée à commander des hormones de croissance via le compte en ligne du médecin à plusieurs reprises durant l’année 2020.

De plus, il a incité sa copine à lui remettre des ordonnances médicales vierges, mais déjà signées par son employeur. Le boxeur, deux fois champion romand, les remplissait ensuite lui-même, afin de se faire rembourser les hormones qu’il achetait en pharmacie. Finalement, c’est son assurance qui a découvert le pot aux roses. Intriguée par cette étonnante consommation d’hormones de croissance chez un jeune sportif, elle a ouvert une enquête qui a débouché sur une plainte pénale.

Peine pécuniaire ferme

Le préjudice annoncé s’élève à plus de 14’000 francs. Le médecin aussi a déposé une plainte et le Ministère public fribourgeois vient de condamner le boxeur à 150 jours-amende (à 80 francs le jour), sans sursis, soit 12’000 francs. Quant à la boxe, le désormais trentenaire n’a plus de licence active et n’apparaît plus sur le site de son dernier club.

Mais pourquoi se dopait-il, alors qu’il n’était même pas professionnel? «20 minutes» a interrogé un homme qui connaît parfaitement le monde de la boxe, mais sans aucun lien avec l’affaire, pour y voir plus clair.  «Je ne sais pas de qui il s’agit et je ne veux pas le savoir.  Mais ce que je peux dire, c’est que je ne connais aucun boxeur qui ait envie de tricher, explique Michaël Celeschi, président du Boxing club de Fribourg et, lui aussi, ancien champion romand. Par contre, il est vrai que les boxeurs sont souvent confrontés à un système qui leur demande d’être performants à n’importe quel prix. Je ne serais pas surpris d’apprendre qu’il subissait des pressions de son entourage, par exemple pour passer pro. Cela dit, je n’ai jamais entendu dire qu’un club romand manipulait ses boxeurs ou les encourageait à se doper.»

Même les amateurs sont contrôlés

Lorsqu’il prend une licence, nécessaire pour participer à des combats – y compris au niveau amateur –, un boxeur s’engage à ne pas se doper et donc à être régulièrement contrôlé. Michaël Celeschi a lui-même subi plusieurs contrôles durant sa carrière. «Ça se passe toujours de la même façon. Durant un meeting, la patrouille débarque et elle choisit aléatoirement une série de boxeurs. Ils sont tous placés immédiatement sous surveillance. Ensuite, on les accompagne aux WC pour les faire uriner dans un bocal. Les contrôles peuvent aussi avoir lieu au domicile du boxeur. Là aussi, la patrouille arrive sans prévenir, généralement tôt le matin, et on ne le lâche pas des yeux tant qu’il n’a pas pissé», explique l’ancien champion. 

Ton opinion