ALFA ROMEO ALFASUD GIARDINETTA: Un break pratique aux gènes sportifs
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ALFA ROMEO ALFASUD GIARDINETTAUn break pratique aux gènes sportifs

Lorsque l’Alfa Romeo Alfasud a fait son apparition sur le marché, on lui prédisait un grand avenir. Mais la voiture avait un défaut: il lui manquait un grand hayon arrière. Ce dernier est arrivé en 1975 sous la forme de la variante «Giardinetta», un véritable break sport.

par
Bruno von Rotz
Vue de devant, on ne fait quasiment pas la différence entre la Giardinetta et la berline Alfasud.

Vue de devant, on ne fait quasiment pas la différence entre la Giardinetta et la berline Alfasud.

Daniel Reinhard / www.zwischengas.com
On note la grande taille du hayon arrière, avec les charnières bien visibles au niveau du toit.

On note la grande taille du hayon arrière, avec les charnières bien visibles au niveau du toit.

Daniel Reinhard / www.zwischengas.com
Même chargée à bloc, elle était capable d’atteindre une vitesse de pointe de 160 km/h.

Même chargée à bloc, elle était capable d’atteindre une vitesse de pointe de 160 km/h.

Daniel Reinhard / www.zwischengas.com

EN BREF

  • L’Alfasud était censée établir Alfa Romeo sur le marché des voitures de tourisme compactes.
  • Quatre ans après sa sortie, on a vu arriver la «Giardinetta», la version break trois portes de l’Alfasud.
  • Il n’existe aujourd’hui plus que de rares exemplaires en bon état de la version de luxe.
  • Ceux qui ont l’intention de se mettre à la recherche d’une Alfasud devront s’armer de patience et de flair.

La plupart des gens n’ont encore jamais vu une Alfa Romeo Alfasud Giardinetta de leurs propres yeux dans la nature. Et pour cause: elle n’a été construite qu’en peu d’exemplaires. On pourrait presque dire qu’à l’époque, Alfa Romeo était légèrement en avance sur son temps.

La nouvelle construction en rupture avec toutes les traditions

Au début des années 1970, Alfa Romeo avait pour habitude d’installer un moteur quatre cylindres en ligne dans le sens de la longueur à l’avant ou, exceptionnellement un huit cylindres en V, entraînant évidemment les roues motrices à l’arrière. Le moteur boxer et la traction avant était plutôt réservés à Citroën ou à Lancia. Puis, en 1971, tout a changé, avec l’arrivée sur le marché de l’Alfasud.

Rudolf Hruska, son constructeur, a eu toutes les libertés pour établir Alfa Romeo sur le marché des voitures de tourisme compactes. Il n’a même pas eu à utiliser les installations de production existantes. Une nouvelle usine est sortie de terre à Pomigliano d’Arco, près de Naples, dans le sud de l’Italie, pour construire l’Alfasud.

Hruska a conçu une berline à hayon arrière avec un moteur boxer court, installé très à l’avant, qui répondait également aux exigences sportives grâce au double arbre à cames en tête. Complétée par un grand habitacle, des zones de déformation et un châssis complexe avec quatre freins à disques, il ne manquait rien à l’Alfasud, joliment dessinée par Giorgetto Giugiaro, si ce n’est le côté pratique d’un grand hayon. Car l’accès au coffre d’une contenance de 400 litres se faisait par le biais d’un petit clapet et les dossiers de sièges arrière étaient fixes.

Le premier break d’Alfa Romeo

Au printemps 1975, Alfa Romeo lançait la «Giardinetta», la version break trois portes de l’Alfasud. Et bien entendu, le véhicule, qui avait gagné en longueur, disposait désormais d’un grand hayon, plus abrupt. On avait également droit à une banquette arrière (dossier et assise à part) rabattable, ce qui permettait à deux personnes de partir en voyage avec une contenance de bagages de 1300 litres. En présence de passagers à l’arrière, l’espace du coffre offrait toujours 600 litres si l’on chargeait le véhicule jusqu’à hauteur du toit.


Dans la brochure marketing d’Alfa Romeo en langue française, on pouvait lire: «Élégance, performances et de la place, beaucoup de place. Une nouvelle Alfa Romeo destinée à l’utilisation familiale, professionnelle et à la détente de l’automobiliste sportif».

Cela dit, en Suisse, par exemple, le break coûtait la somme rondelette de 13’490 francs, soit 500 francs de plus que la berline quatre portes. Un break de Ford (Escort ou Taunus) ne coûtait pas beaucoup plus cher, une Fiat 131 break était disponible quasiment au même prix. La Giardinetta n’était pas un succès commercial. Et en 1980, tout était déjà fini.

Une survivante

Les Alfasud Giardinetta – peut-être quelques centaines – à avoir survécu sont plutôt rares. Tout comme les autres variantes, elles ont souffert d’une qualité de construction variable et du manque de prévention contre la rouille, du moins au début. De plus, on n’épargnait déjà pas les breaks à l’époque, d’où l’apparition de signes d’usure précoces. Alors, ceux qui ont l’intention de se mettre à la recherche d’un exemplaire en bon état n’ont plus qu’à s’armer de patience et de flair.

Comme dit l’heureux propriétaire suisse à propos de sa voiture: «L’Alfasud se conduit telle une voiture moderne, les cinq vitesses se passent à merveille, la puissance est suffisante pour prendre de l’allure. Même les longues distances ne posent aucun problème et on a toujours suffisamment de place».

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