Actualisé 26.10.2014 à 14:57

Brésil

Un Brésilien tué devant un bureau de vote

Un électeur brésilien de 20 ans a été tué dimanche devant un bureau de vote du nord-est du pays, dans un apparent règlement de compte, selon la police. Les Brésiliens sont appelés aux urnes pour élire leur président.

La présidente sortante Dilma Rousseff (gauche) part légèrement favorite, à son adversaire social-démocrate, soutenu par la droite, Aecio Neves.

La présidente sortante Dilma Rousseff (gauche) part légèrement favorite, à son adversaire social-démocrate, soutenu par la droite, Aecio Neves.

Le jeune homme a été tué par balles par un inconnu alors qu'il faisait la queue devant un bureau de vote de Mossoro, dans l'Etat de Rio Grande do Norte (nord-est).

«L'agresseur lui a tiré dessus et il a pris la fuite. Nous pensons qu'il s'agit d'une vengeance personnelle. Cela n'a rien à voir avec l'élection», a déclaré à l'AFP un officier de police.

Selon la radio CBN, les opérations de vote ont été suspendues jusqu'à ce que le cadavre de la victime soit retiré par les enquêteurs.

Les troupes fédérales ont renforcé la sécurité dans 224 villes du pays. Le vote obligatoire se déroulait sans autre incident, grâce à 530'000 urnes électroniques réparties sur l'intégralité de ce pays-continent, jusque dans les zones les plus reculées de l'Amazonie.

Dans l'Etat de Rio de Janeiro, 35'000 policiers militaires, le triple de la normale, étaient mobilisés, à la suite d'attaques de trafiquants de drogue contre des postes de police dans plusieurs favélas.

Rousseff légèrement favorite

Les Brésiliens étaient appelés aux urnes dimanche pour élire leur président. La cheffe de l'Etat sortante Dilma Rousseff partait légèrement favorite face à l'opposant social-démocrate Aecio Neves, après la campagne la plus dramatique, serrée et virulente de son histoire récente.

Cette élection était largement considérée comme un plébiscite sur douze ans de gouvernements du Parti des travailleurs (PT, gauche), sous lesquels le géant émergent d'Amérique latine a connu de profonds bouleversements économiques et sociaux.

Selon deux sondages publiés samedi, Mme Rousseff aurait de quatre points à six points d'avance sur M. Neves. La marge d'erreur est de /-2%. L'expérience du premier tour du 5 octobre invite toutefois à la prudence. Les sondages avaient surestimé la victoire de la cheffe de l'Etat et grossièrement sous-estimé le solide score de son rival.

Dilma Rousseff a été la première des deux candidats à voter dans une école de Porto Alegre (sud), la ville où elle a effectué une grande partie de sa carrière. Elle a posé tout sourire pour les photographes avec une tasse de thé de mate à la main.

«Je suis sûre que le Brésil est, et continuera d'être, l'une des plus grandes nations démocratiques de cette planète. Je pense que cela été une campagne extrêmement différente, pleine de changements», avait-elle dit peu avant à la presse.

Ralentissement économique

Elue en 2010 dans l'euphorie finissante de la présidence de son mentor Luiz Inacio Lula da Silva, Dilma Rousseff avait hérité d'une croissance à 7,5%. Cette ancienne guérillera a amplifié les programmes sociaux qui bénéficient à un quart des 202 millions de Brésiliens, lui valant un large soutien dans les couches populaires et régions pauvres du Nord-Est.

Sous le PT, 40 millions de Brésiliens se sont extirpés de la pauvreté et ont rejoint les rangs d'une classe moyenne désormais majoritaire. Le fléau de la faim a été éradiqué.

Mais Dilma Rousseff, 66 ans, a affronté des vents adverses: économie en plein ralentissement, revendications d'une classe moyenne dont l'ascendeur social est tombé en panne, scandales de corruption qui ont terni l'image du PT.

Sauvé par un taux de chômage historiquement bas (5%), son bilan économique est maigre: quatre ans de croissance ralentie jusqu'à l'entrée en récession de la septième économie mondiale, une inflation donnant des signes de surchauffe (6,75%), des finances publiques en dégradation, un interventionnisme très critiqué.

Remettre de l'ordre

Le candidat du Parti social démocrate brésilien (PSDB), Aecio Neves, 54 ans, soutenu par les milieux d'affaires, la droite traditionnelle et une partie de la classe moyenne, promet de remettre de l'ordre dans la maison Brésil.

Surfant sur l'indignation des Brésiliens, il a fait de la lutte contre la corruption l'un des axes de sa campagne, même si le PSDB, qui a dirigé le Brésil de 1995 à 2002, a lui-même été dans le passé éclaboussé par de nombreuses affaires.

La victoire finale se jouera au sein des classes moyennes des Etats les plus peuplés du sud-est, où de nombreux déçus de la gauche avaient voté au premier tour pour l'écologiste Marina Silva. Aecio Neves était donné largement favori dans ces régions depuis le premier tour. Mais Dilma Rousseff y a regagné beaucoup de terrain ces derniers jours, au prix d'une campagne offensive.

Election des gouverneurs

Les Brésiliens ont commencé à voter à 08h00 locales (11h00 suisses) aux quatre coins de ce pays-continent grand comme 200 fois la Suisse. Le vote étant obligatoire au Brésil, de longues files d'attente s'étaient déjà formées une heure avant l'ouverture des bureaux, notamment à Rio.

Les électeurs devaient aussi désigner les gouverneurs de 14 des 27 Etats fédérés restés en ballotage au premier tour, notamment ceux de Sao Paulo, Rio de Janeiro et du District fédéral (Brasilia).

Le résultat de la présidentielle sera connu après 20H00 locales (23h00 suisses), selon le Tribunal supérieur électoral. (ats/afp)

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