Genève: Un buraliste épargne son braqueur par sympathie
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GenèveUn buraliste épargne son braqueur par sympathie

Bien que la police ait interpellé le coupable, sa victime a choisi de ne pas porter plainte.

par
Lucie Fehlbaum

Le braqueur a été neutralisé par le buraliste, avec l'aide d'un client, avant l'arrivée de la police.

«Je n'ai pas eu peur, il n'avait pas l'air très dangereux.» Rahimi, propriétaire d'un magasin de tabac dans le quartier de Plainpalais, est serein après son braquage. Pas plus inquiet que ça, le buraliste n'a pas souhaité porter plainte.

Le commerçant a cru à une blague

Il y aurait pourtant de quoi: samedi 7 janvier, la soirée tranquille de Rahimi a pris une tournure inattendue. Vers 18 h 30, un homme encagoulé et armé d'un couteau a poussé la porte de son tabac. L'individu s'est dirigé vers la caisse, d'un pas tranquille, passant directement derrière le comptoir. Rahimi a d'abord pensé à une blague: «Il n'était pas très agressif, ne hurlait pas.» Mais ça n'était pas un canular. Le buraliste s'est alors saisi d'un spray au poivre et a neutralisé le braqueur. Ce dernier a fui dans un premier temps, avant d'être interpellé le soir même.

Tentatives infructueuses d'un agent

La police explique alors à Rahimi qu'il peut déposer une plainte. Surprise: le commerçant refuse catégoriquement, malgré plusieurs tentatives d'un agent. «Il nous a bien fait comprendre qu'il ne donnerait pas suite, confirme Jean-Philippe Brandt, porte-­parole de la police genevoise. En revanche, il ne nous a pas donné ses raisons.» Elles sont à chercher du côté humain. Rahimi justifie sa décision en soulignant l'aspect «inoffensif» du braqueur: «Il n'avait pas l'air d'un fou, il a peut-être des problèmes dans la vie. L'important est de savoir se défendre. Avoir un spray au poivre ou pratiquer la self-défense, pour neutraliser sans blesser.»

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