Blanchiment d'argent: Un cadre de SNC- Lavalin dans une prison suisse

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Blanchiment d'argentUn cadre de SNC- Lavalin dans une prison suisse

Un ancien cadre du géant canadien de l'ingénierie SNC- Lavalin et proche de la famille Kadhafi a été arrêté en Suisse il y a quelques jours.

Un ancien cadre de l'entreprise canadienne dort dans une prison helvétique depuis quelques jours a révélé la RTS dimanche. Il est soupçonné de corruption, d'escroquerie et de blanchiment d'argent.

Le Ministère public de la Confédération (MPC) a confirmé l'arrestation «d'un citoyen tunisien et canadien» qui a été vice- président de SNC-Lavalin Group. «Cette arrestation est intervenue dans le cadre d'une procédure pénale ouverte en Suisse l'an passé, au mois de mai 2011», a déclaré la porte-parole du MPC Jeannette Balmer sur les ondes de la RTS.

«Les faits reprochés à cette personne relèvent de la corruption, de l'escroquerie et du blanchiment d'argent, en lien avec des affaires conclues en Afrique du Nord», a-t-elle précisé.

L'homme d'affaires était jusqu'au 9 février dernier vice- président directeur au sein de SNC-Lavalin. Il conteste avoir été licencié à cette date, en même temps qu'un autre cadre, mais affirme avoir remis sa démission, selon l'agence Presse canadienne. Il avait travaillé 26 ans au sein de l'entreprise.

Liens avec la famille Kadhafi

SNC-Lavalin a passé plus d'une décennie en Libye pour la construction d'un nouvel aéroport, d'une prison et de conduites d'eau, des projets totalisant au bas mot un milliard de dollars.

L'entreprise s'est retrouvée en pleine controverse au Canada après des révélations troublantes concernant les liens que la firme d'ingénierie montréalaise entretenait avec la famille de l'ex- dirigeant libyen, Mouammar Kadhafi.

Le groupe SNC-Lavalin a été informé de l'arrestation de son ancien vice-président directeur, mais ne dispose «d'aucun détail» sur le statut de son ex-cadre, a indiqué à l'AFP une porte-parole du groupe montréalais, Leslie Quinton.

«Si des crimes ont été commis [par l'ancien vice-président directeur] ou par n'importe quel autre ancien employé, la société soutient qu'ils devraient être tenus responsables», a ajouté Mme Quinton, assurant de la «l'entière collaboration» du géant de l'ingénierie avec les autorités suisses et canadiennes.

La Gendarmerie royale du Canada (GRC, police fédérale) avait perquisitionné le 13 avril le siège social de SNC-Lavalin à Montréal sans fournir plus de détails sur leur enquête.

Versements illicites

Le groupe SNC-Lavalin, présent dans une centaine de pays, a connu récemment des difficultés ayant conduit à la démission de son PDG Pierre Duhaime après la découverte de versements illicites totalisant 56 millions de dollars.

Selon une enquête interne de SNC-Lavalin, l'ancien vice-président directeur avait embauché pour 33,5 millions de dollars des «agents présumés» non identifiés afin d'obtenir un contrat non précisé. De hauts responsables du groupe avaient refusé de valider ce paiement, finalement autorisé par le PDG démissionnaire.

Un versement de 22,5 millions de dollars pour un autre contrat avait lui été approuvé de «façon non conforme» par l'ancien vice- président directeur et «une autre personne de sa division», d'après ce rapport rendu public le mois dernier.

(ats)

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