Actualisé 01.06.2015 à 13:57

PédophilieUn cardinal accusé de se «moquer des victimes»

Le Vatican a pris la défense lundi du cardinal australien George Pell, puissant secrétaire à l'Economie du pape, accusé de se «moquer des victimes».

Dans une déclaration à la presse, le père Federico Lombardi, porte-parole du Saint-Siège, a tenu à assurer que le cardinal australien George Pell avait «toujours» répondu à la justice de son pays. Le prélat est accusé par un expert d'une commission vaticane de lutte contre la pédophilie de se «moquer des victimes».

Interviewé dimanche par la chaîne de télévision australienne Nine, le Britannique Peter Saunders, membre de la Commission de protection des mineurs constituée par le pape, avait accusé le cardinal australien de «se moquer de cette commission, du pape, mais surtout des victimes».

Pour le père Lombardi, M. Saunders a tenu ses propos «à titre personnel», la commission «n'ayant pas pour tâche d'enquêter et de rendre des jugements spécifiques sur des cas particuliers». Peter Saunders est une ancienne victime d'actes pédophiles. Responsable en Grande-Bretagne de la «National association for people abused in childhood» (NAPAC), il a demandé que le cardinal «soit mis sur la touche et renvoyé en Australie».

«Son autorité est immense»

Selon lui, Mgr Pell a agi avec «froideur et indifférence» envers les victimes, en particulier lorsqu'il était archevêque de Sydney. «Son autorité est immense au Vatican et ce serait une grosse épine dans le pied de François s'il devait être autorisé à rester dans ses fonctions». Dans un communiqué, le secrétariat de Mgr Pell a répondu que «le cardinal n'avait d'autre choix que de consulter ses avocats» après ces déclarations «fallacieuses».

Une commission d'enquête mise en place en 2013 en Australie examine les crimes de Gerald Ridsdale, prêtre condamné pour avoir agressé une cinquantaine de garçons entre 1950 et 1980. Parmi eux, son neveu David a déclaré devant la commission s'être confié en 1993 au cardinal Pell, un ami de la famille. Selon sa déposition, George Pell lui a alors demandé ce que coûterait son silence, ce que le cardinal a catégoriquement démenti.

L'affaire fait du bruit au Vatican, aussi parce que l'énergique cardinal australien, chargé de réorganiser l'économie et les finances du Vatican, est puissant et a des ennemis dans le petit Etat.

(afp)

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