Actualisé 11.11.2008 à 07:18

Birmanie

Un célèbre blogger condamné à 20 ans de prison

Un célèbre blogger birman, Nay Phone Latt a été condamné à vingt ans de réclusion dans la prison d'Insein, a annoncé mardi un porte-parole de l'opposition.

Il avait été arrêté en janvier après les grandes manifestations contre la junte militaire.

Nay Phone Latt, 28 ans, était lié à la Ligue nationale pour la démocratie (LND) de l'opposante Aung San Suu Kyi. Il a été condamné à cette lourde peine lundi, aux côtés de quatre membres de la LND et d'un poète.

«Nay Phone Latt était autrefois membre du mouvement de jeunesse de la LND mais il a quitté le parti au moment de son arrestation. Il a été condamné à vingt ans d'emprisonnement», a déclaré à l'AFP Nyan Win, porte-parole de la formation de Mme Suu Kyi.

«Les autorités punissent les militants en menant leurs enquêtes de façon précipitée», a ajouté Nyan Win en déplorant que les avocats n'aient pas eu «suffisamment de temps pour préparer leur défense».

ONG «révoltées»

Le porte-parole de l'opposition a précisé que le poète Saw Wai avait été condamné à deux ans de prison pour avoir diffamé l'Etat dans un poème crypté qui avait fait référence au chef de la junte, le généralissime Than Shwe.

Aucune information n'a été immédiatement divulguée sur la nature des condamnations prononcées contre les quatre membres de la LND.

L'organisation Reporters sans frontières (RSF) et la Burma Media Association (BMA) se sont déclarées «révoltées» par cette condamnation et ont lancé un appel à la «solidarité» aux bloggers du monde entier.

Contrôle très strict

Les autorités birmanes exercent des contrôles très stricts sur les médias et sur internet, bloquant l'accès à des sites web et à certains services de courrier électronique, mais de nombreux jeunes parviennent à déjouer ces restrictions.

Lors de la répression brutale en septembre 2007 d'un mouvement de protestation populaire conduit par des moines bouddhistes, des bloggers avaient réussi à diffuser des témoignages vivants et des photos choc sur la contestation avant que le principal accès à internet ne soit coupé.

La Birmanie compte plus de 2000 prisonniers politiques, selon Amnesty International.

(ats)

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