Actualisé 03.07.2014 à 18:43

UkraineUn cessez-le-feu semble compromis pour l'instant

L'offensive ukrainienne contre les pro-Russes dans l'est du pays a continué jeudi. Un cessez-le-feu semble compromis, Moscou et Kiev se rejetant la responsabilité des violences. Toutefois, des discussions pourraient être entamées d'ici samedi.

François Hollande et Angela Merkel ont demandé jeudi au président russe Vladimir Poutine d'intervenir auprès des séparatistes ukrainiens pour les amener à négocier avec Kiev. Ce dernier leur a exprimé sa «grande préoccupation» à propos du nombre croissant de victimes civiles en Ukraine, a indiqué le Kremlin.

Le président français et la chancelière allemande se sont aussi entretenus avec le président ukrainien Petro Porochenko. Ces contacts visent à mettre en oeuvre l'accord conclu mercredi à Berlin entre les ministres des Affaires étrangères russe, ukrainien, allemand et français.

Celui-ci prévoit la tenue d'ici samedi de discussions entre le groupe de contact réunissant la Russie, l'Ukraine et l'OSCE, avec la participation des rebelles prorusses. Le but est de parvenir à un cessez-le-feu durable.

Les conditions de Kiev

Kiev a réaffirmé jeudi sa position et rappelé qu'un cessez-le-feu éventuel devrait être «bilatéral» et non unilatéral. La veille, le numéro deux de l'administration présidentielle, Valeriï Tchalyï, a rappelé les autres conditions ukrainiennes: la reprise du contrôle de la frontière sous la surveillance de l'OSCE et la libération de «tous les otages» détenus par les rebelles.

Sur le premier point, Moscou propose avec insistance que Kiev envoie ses gardes-frontières -et l'OSCE ses observateurs- du côté russe de la frontière, pour participer aux contrôles. Sans la rejeter ouvertement, Kiev considère cette proposition insuffisante, car elle impliquerait que l'autre côté de la frontière puisse rester aux mains des séparatistes.

Les insurgés affirment être prêts à prendre part à des négociations indirectes seulement avec la participation de la Russie et de la communauté internationale. Ils refusent des pourparlers bilatéraux avec Kiev.

Nouveau ministre de la Défense

Moscou et Kiev continuent de s'attribuer mutuellement la responsabilité des violences qui ont fait échouer la trêve annoncée le 20 juin par Petro Porochenko. Ce dernier avait annoncé lundi la reprise de la phase «active» des opérations des forces gouvernementales.

«L'opération antiterroriste» ukrainienne pourrait s'intensifier avec la nomination, approuvée jeudi par le Parlement, d'un nouveau ministre de la Défense, Valeriï Gueleteï, et d'un nouveau chef d'état-major général. Le premier est un ex-policier et le second un militaire de carrière, formé en URSS.

«L'Ukraine l'emportera», a affirmé jeudi M. Gueleteï. «Il y aura un défilé de la victoire» et «il se déroulera dans un Sébastopol ukrainien», a-t-il lancé, sous les applaudissements des députés.

Camions militaires détruits

Sur le terrain, une quinzaine de tirs rebelles a été signalée tôt jeudi matin, a signalé le ministère ukrainien de la Défense. Les forces ukrainiennes ont par ailleurs détruit une colonne de cinq camions militaires transportant des rebelles.

L'opération s'est déroulée tard mercredi soir dans le sud de la région de Donetsk. Le ministère de la Défense n'a fourni aucun bilan au sujet d'éventuelles victimes.

Poste-frontière bombardé

Quelques heures plus tard, trois policiers chargés de la circulation ont été tués par balle en pleine rue à Donetsk, près de la gare ferroviaire. Un autre policier a été grièvement blessé, a déclaré une source médicale.

Par ailleurs, les gardes-frontières ukrainiens ont rapporté que neuf de leurs hommes ont été blessés par un bombardement au mortier. (ats)

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