Vevey: Un chanvrier devant la justice vaudoise
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VeveyUn chanvrier devant la justice vaudoise

Le procès d'un homme de 30 ans s'est ouvert lundi devant le Tribunal criminel de Vevey (VD). Entre juillet 2008 et avril 2012, il a cultivé dans un hangar de Forel (VD) et vendu de très grandes quantités de chanvre.

Son commerce a généré un chiffre d'affaire de plus d'un million de francs. Il est principalement accusé d'infraction à la loi fédérale sur les stupéfiants. Le jugement sera lu mardi.

«Zone grise»

Dès juillet 2008, l'homme s'est mis à la culture de plantons de chanvre et de plantes mères dont la teneur en THC, comprise entre 7 et 20%, était largement supérieure aux normes fédérales. Il les revendait ensuite à des commerces spécialisés autorisés par l'administration fédérale.

A l'audience, il a expliqué qu'il s'est dans un premier temps limité à l'élevage de boutures, dont l'illicéité n'était selon lui pas manifeste. Il a expliqué qu'il considérait se trouver dans une sorte de «zone grise» et qu'il comptait à l'époque sur une dépénalisation du cannabis dans les années à venir. Il espérait «pouvoir défendre» son activité devant les Tribunaux et «en sortir vainqueur».

Séquestres non respectés

Malgré deux séquestres prononcés en décembre 2008 et en juin 2009, plusieurs interpellations et la destruction de sa marchandise en septembre 2009, l'homme a poursuivi son activité délictueuse. Il a également employé et hébergé des étrangers sans permis de travail dans des conditions très dangereuses, entreposant plusieurs bombonnes de gaz dans son hangar.

Au total, l'homme a produit et écoulé des dizaines de milliers de plantons de chanvre et de boutures, et des milliers de plantes mères. Il a également produit plusieurs kilos de têtes séchées directement destinées à être consommées comme stupéfiants.

Aveux complets

Durant l'enquête et à l'audience, le cultivateur a admis les faits qui lui sont reprochés. Il a déclaré avoir eu connaissance du fait que la plupart de sa production était ensuite revendue à des consommateurs de stupédiants.

Devant les juges, il a déclaré ne pas avoir l'intention de reprendre à l'avenir une activité de production de chanvre «au vu de l'évolution défavorable de la situation du chanvre» sur le plan législatif. Selon lui, il aurait «tout perdu» en se livrant à ce commerce, notamment en raison de la destruction de sa marchandise par les autorités.

(ats)

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