Un chef de guerre a-t-il reçu les honneurs de l'UNIL?
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Un chef de guerre a-t-il reçu les honneurs de l'UNIL?

LAUSANNE – Ex-dirigeant de la rébellion armée en Angola, Jonas Savimbi aurait obtenu des titres à l'université vaudoise.

Jonas Savimbi a-t-il reçu le titre de docteur honoris causa de l'UNIL alors qu'il menait une guérilla sanglante en Angola à la même période? C'est ce que laisse penser un article paru dans le journal des étudiants lausannois L'Auditoire. Son auteur, François Ruchti, s'appuie sur le témoignage du professeur Makita-Kass Kasongo, et relève une certaine opacité à ce sujet. Après la polémique autour du titre de docteur honoris causa décerné au leader fasciste italien Benito Mussolini en 1937, l'UNIL se passerait d'une nouvelle affaire.

Décrit comme un chef cruel, soupçonné de crimes de guerre, Savimbi est décédé en 2002. Il est bien venu étudier à la Faculté lausannoise de sciences-po, où il a obtenu une licence universitaire en 1965. «Le professeur Henri Rieben l'estimait, se souvient Makita-Kass Kasongo. Il l'a décrit comme un étudiant peu assidu mais brillant.» Le même professeur Rieben aurait invité le leader de la guérilla angolaise dans les années 1990 à une conférence à Dorigny. En pleine guerre civile meurtrière. Quant à un éventuel titre honorifique, l'historien responsable des archives de l'UNIL est formel. «Savimbi n'a jamais obtenu de tire honoris causa à Lausanne, souligne Olivier Robert. Et si l'on ne trouve pas le mémoire de l'étudiant Savimbi, c'est qu'il n'était pas demandé à l'époque d'en rédiger un pour se présenter aux examens finaux.»

Frédéric Nejad

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