Actualisé 19.10.2009 à 15:33

Genève/Fribourg

Un chef de parti algérien échappe à la justice suisse

Un ancien ministre algérien, actuellement président du Mouvement de la société pour la paix (MSP, islamiste), Bouguerra Soltani a échappé ce week-end à la justice suisse qui souhaitait l'interroger suite à une plainte pour torture, a indiqué lundi l'ONG Trial, auteur de la plainte.

«Il y a dû avoir une fuite car les autorités cantonales fribourgeoises auprès desquelles nous avions porté plainte le 12 octobre n'ont pas trouvé Bouguerra Soltani samedi à Fribourg où il devait se rendre», a expliqué à l'AFP le président de l'ONG suisse Track impunity always (Trial), Philip Grant.

«Nous n'avons pas la certitude absolue que Bouguerra Soltani a fui la Suisse, mais s'il n'est pas venu comme prévu à Fribourg alors qu'il était à Genève vendredi encore, c'est que quelque chose l'en a empêché ou dissuadé», a-t-il ajouté.

«Je présume qu'il a quitté la Suisse mais je n'en ai aucune certitude», a indiqué pour sa part le juge d'instruction fribourgeois saisi de l'affaire Jean-Luc Mooser, interrogé par l'AFP.

«J'ai constaté que samedi, il n'était pas sur le territoire fribourgeois», a-t-il juste précisé.

L'ONG Trial, basée à Genève, accuse l'homme politique algérien d'avoir dirigé et participé à une séance de torture, le 1er juillet 2005, alors qu'il était ministre d'Etat.

«Cette séance de torture était dirigé contre Nouar Abdelmalek, qui était alors chef du service du Commissariat politique, et qui avait refusé lui-même de participer à des séances de torture», a assuré M. Grant.

Trial a eu connaissance il y a dix jours que Bouguerra Soltani devait se rendre dans le canton de Fribourg, en Suisse, pour participer à une conférence de la Ligue des musulmans de Suisse le 17 octobre. C'est pourquoi, l'ONG avait déposé une plainte auprès de l'Office des juges d'instruction de ce canton le 12 octobre. (afp)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!