Le pape au Proche-Orient: Un cheikh palestinien fustige Israël pendant une rencontre
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Le pape au Proche-OrientUn cheikh palestinien fustige Israël pendant une rencontre

Un haut responsable musulman palestinien s'est livré lundi à un réquisitoire en règle contre Israël, au cours d'une rencontre inter-religieuse à Jérusalem avec le pape Benoît XVI, censée promouvoir le dialogue.

Ces déclarations ont provoquée une réaction irritée du Vatican.

Cheikh Tayssir al-Tamimi, chef des tribunaux islamiques palestiniens, s'est emparé du microphone pendant la rencontre à Jérusalem de dignitaires religieux juifs, chrétiens et musulmans, demandant au pape de faire «pression sur le gouvernement israélien pour qu'il mette fin à son agression contre le peuple palestinien».

Le cheikh a appelé chrétiens et musulmans à agir ensemble contre l'occupation israélienne et pressé le pape de «condamner les crimes» israéliens faisant allusion à l'offensive israélienne dans la bande de Gaza (décembre-janvier) qui a fait plus de 1400 tués.

Il a proclamé devant ce forum, Jérusalem «capitale éternelle, politique, nationale et spirituelle de la Palestine» contrairement à la position d'Israël qui a annexé la partie orientale de la ville sainte après sa conquête en 1967 et proclamé Jérusalem «capitale éternelle d'Israël».

Boycott d'une cérémonie

Pendant cette tirade imprévue, le patriarche latin de Jérusalem Mgr Fouad Twal a vainement tenté de faire taire l'orateur, qui a été applaudi par une partie de l'assistance alors que certains sortaient de la salle en signe de protestation.

Le pape qui devait recevoir des cadeaux à la fin de l'assemblée a quitté la salle avant cette cérémonie, le Vatican exprimant son mécontentement.

»Dans une rencontre consacrée au dialogue, une telle intervention est la négation même de ce qu'un dialogue doit être», a dit le père Federico Lombardi, directeur de l'office de presse du Saint Siège.

»Nous espérons qu'un tel incident ne portera pas ombrage à la mission du Saint Père qui vise à promouvoir la paix et le dialogue inter-religieux», a-t-il ajouté.

Critique lancée

Auparavant, des responsables palestiniens avaient eux accusé Israël de tenter de faire taire toute voix dénonçant l'occupation, après la fermeture d'un centre de presse palestinien ouvert à Jérusalem pour la visite du pape.

Cette fermeture est «une tentative de faire taire la voix palestinienne qui dit au monde que Jérusalem est occupée», a affirmé le mufti de Jérusalem, Mohammad Hussein.

L'Abbé Pierre Madros, conseiller du patriarche latin de la Ville sainte, a réaffirmé que «Jérusalem-Est n'était pas Israël».

Une conférence de presse devait avoir lieu peu avant sa fermeture en présence du mufti et de l'ancien patriarche latin de Jérusalem, Michel Sabbah.

(ats)

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