Mondial 2010: Un choc pour le titre
Actualisé

Mondial 2010Un choc pour le titre

Pays-Bas et Espagne se disputeront leur premier sacre mondial dimanche, dans le Soccer City de Johannesburg (20h30). Ils le feront avec deux approches pour le moins différentes.

Pays-Bas et Espagne se disputeront leur premier sacre mondial dimanche, dans le Soccer City de Johannesburg (20h30), ainsi que le titre honorifique de première nation européenne lauréate de la Coupe du monde loin de chez elle. Ils le feront avec deux approches pour le moins différentes.

Les Pays-Bas demeurent en quelque sorte une énigme dans ce Mondial sud-africain. Jamais véritablement transcendants mais efficaces, pas toujours rassurants derrière mais quand même solides, les Bataves ne ressemblent plus tout à fait aux valeureux chevaliers oranje partant lutter dans le passé contre des moulins à vent. Leur parcours dans le tournoi est toutefois parfait: 6 matches et autant de victoires.

Avec tripes et réussite

Tranquilles dans un groupe qui s'est, au final, révélé plutôt faible (Danemark, Japon et Cameroun), les Néerlandais ont ensuite beaucoup souffert sur leur chemin vers le 11 juillet. Pas au mieux en 8e de finale contre la Slovaquie, les hommes de Bert van Marwijk ont tout de même maîtrisé leur sujet (2-1). Ce qui ne fut pas du tout le cas en quart contre un Brésil supérieur, qui a laissé filer la rencontre sans aucune raison apparente (2-1).

Malmenés, les Pays-Bas l'ont également été en demi-finale contre l'Uruguay (3-2), cette modeste Uruguay composée de joueurs très peu connus et marchant avant tout à la foi et à la passion. Jamais, dans le jeu et sur la longueur, les Oranje n'ont véritablement laissé une impression de facilité et d'aisance. Cette place en finale, ils sont allés la chercher avec leurs tripes, aidés par une réussite parfois insolente.

Patience et fidélité

L'Espagne a, elle, vécu un tournoi diamétralement opposé. Tombée d'entrée contre la Suisse (1-0), la Roja a rapidement été mise sous pression. Si elle a parfois semblé tendue, elle a néanmoins fait preuve d'une force de caractère hors du commun à chacun de ses six matches.

Car la Roja fait peur. Et, qui dit peur, dit aussi regroupement en défense. Depuis leur entrée en lice le 15 juin, les Champions d'Europe n'ont eu droit qu'à une seule reprise à un adversaire qui a joué (le Chili qui y était obligé car menacé d'élimination en cas de victoire suisse contre le Honduras). Les Ibères se sont sinon heurtés à chaque fois au même problème: créer une brèche dans l'épais mur qui se dresse devant eux.

Et la formation de Vicente Del Bosque l'a fait avec une classe impensable, ne renonçant jamais à ses principes de jeu et à sa philosophie faite uniquement de passes courtes. Avec patience, elle a essoufflé systématiquement l'opposition. Elle a trimbalé l'adversaire de droite à gauche, puis de gauche à droite, et a répété l'exercice sans cesse, jusqu'à trouver l'ouverture.

Heure de jeu fatale

Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si les Ibères ont réellement pris l'ascendant dans leurs rencontres à élimination directe à partir, à chaque fois, de l'heure de jeu. Le Portugal, en 8e de finale, avait livré une prestation impressionnante de solidité. Le Paraguay avait fait de même en quart, tout comme l'Allemagne en demi.

Mais les pressings sont devenus, au fil des minutes, difficiles à maintenir. Les marquages un peu plus larges. Les retards de quelques mètres plus longs. Et le résultat est toujours allé dans le même sens: but de Villa à la 63e contre le Portugal, but de Villa à la 83e contre le Paraguay et but de Puyol à la 73e contre l'Allemagne, pour trois succès 1-0.

Les Néerlandais sont prévenus. Ils n'auront pas le droit de céder un pouce de terrain au collectif ibère, malgré la fatigue. Cette fatigue qui pourrait au passage jouer un rôle très important dans cette finale, les deux formations ayant très peu sollicité leur banc. En la matière, l'Espagne possède un léger avantage puisque ceux qui devraient être titulaires dimanche ont cumulé 4957 minutes de jeu (4796 si on remplace Torres par Pedro), contre 5212 pour les Pays-Bas.

Pays-Bas - Espagne: les équipes probables

Dimanche, 20h30. Soccer City, Johannesburg. Arbitre: Webb (Ang).

Pays-Bas: 1 Stekelenburg; 2 Van der Wiel, 3 Heitinga, 4 Mathijsen, 5 Van Bronckhorst; 6 Van Bommel, 8 De Jong; 11 Robben, 10 Sneijder, 7 Kuyt; 9 Van Persie.

Espagne: 1 Casillas; 15 Sergio Ramos, 3 Piqué, 5 Puyol, 11 Capdevila; 16 Busquets, 14 Xabi Alonso; 6 Iniesta, 8 Xavi, 7 Villa; 9 Torres (18 Pedro). (ats)

Ton opinion