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GenèveUn chômeur inspiré fait sa pub sur un bus TPG

Après des mois de recherches infructueuses, un presque trentenaire, licencié au début de la crise du Covid, a décidé de sortir les grands moyens. Durant deux semaines, son profil professionnel sillonne la ville.

par
Leila Hussein

«Mon visage fait plus de deux mètres de haut.» Si une chose est sûre, c’est que Patrick Schneuwly ne passe pas inaperçu en ce moment à Genève. Congédié en mars 2020 en raison de la crise du coronavirus, après plusieurs mois de recherches infructueuses, le jeune homme au chômage depuis le mois de mai a décidé de sortir le grand jeu pour retrouver un emploi.

«Je voulais être créatif. Je me suis inspiré de ce qui se fait aux Etats-Unis. Là-bas, la pratique du marketing de soi est courante», explique le Genevois, qui cite les hommes-sandwichs à Times Square comme exemple. Lui, a finalement opté pour une option plus mobile: les transports publics genevois (TPG). C’est ainsi que depuis mercredi dernier une affichage géante de 6m² comprenant son portrait et son profil professionnel sillonne la ville sur un trolleybus. Une manière d’augmenter sa visibilité. «Au début j’étais naturellement motivé. Je pensais que mon profil – je parle couramment suisse allemand – serait attractif, Mais je me suis vite retrouvé dans la longue file des demandeurs d’emploi. Alors quand on nous dit que la crise du Covid est partie pour durer et que nos jours au chômage sont comptés, c’est là qu’on se dit qu’il faut se bouger.»

Une pub à moins 50%

Alors qu’il cherche une manière originale et abordable d’attirer l’attention des recruteurs, début décembre, il découvre que TP Publicité, l’entreprise chargée de l’affichage des annonces publicitaires sur les TPG, propose une remise. «Toute campagne de publicité, sauf celles sur les trams, était à moins 50% les deux dernières semaines de décembre et les deux premières de janvier», raconte celui qui a déboursé 800 francs, impression du support compris, pour deux semaines d’affichage, soit du 6 au 19 janvier.

Conscient que tous les demandeurs d’emploi n’ont pas les moyens financiers pour mener une telle action, le jeune homme de 29 ans, actif dans le domaine du marketing et de l’événementiel, dénonce un marché du travail saturé et des pratiques RH peu scrupuleuses. «En quatre mois, j’ai eu seulement deux entretiens, en plus d’un taux de réponse très faible. En septembre, sur 12, 13, voire 14 postulations, j’ai obtenu à peine 10% de réponses. On nous demande de personnaliser nos candidatures, mais derrière, elles finissent directement dans une corbeille. Le traitement qu’on nous réserve est dégradant, s’exaspère le Genevois pour qui sa démarche a aussi un goût amer. C’est aberrant qu’il faille en arriver là.»

Déjà des pistes de travail

Si Patrick Schneuwly n’a pas encore retrouvé du travail, ça ne saurait tarder. Deux entreprises ont déjà des vues sur le jeune homme. Après avoir posté sur son compte Facebook et LinkedIn une photo de lui à côté d’un bus portant son affiche, jeudi dernier, il a été contacté par une boîte basée à Zurich, ainsi qu’une start-up vaudoise, qui lui ont indiqué «avoir un poste pour lui». Son action a également suscité un grand intérêt sur les réseaux sociaux. «Durant tout le week-end, de 8h à 20h, mon téléphone n’a pas cessé de vibrer. Je recevais des messages d’encouragements, de soutien, des partages, des likes», confie le quasi trentenaire qui envisage une reconversion professionnelle en ultime recours.

Une action qui porte ses fruits

La formule employée par le Genevois a déjà démontré son efficacité à Lucerne. Après plus de quatre ans de chômage, un Alémanique avait retrouvé du travail grâce à une campagne de pub personnelle dans la gare. Interrogée, TP Publicité juge «ce type de publicité assez exceptionnel» et ne se souvient pas avoir connu «une campagne similaire par le passé». En revanche, en décembre 2018, l’entreprise a diffusé «un visuel sur les écrans embarqués des véhicules pour célébrer l’anniversaire d’un particulier».

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220 commentaires
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Un ex client TPG

14.01.2021 à 09:21

- 50% c'est quand les TPG mettent la pub sur un bus très sale. Les TPG pourraient de temps en temps nettoyer leurs bus avant de les envoyer sur le réseau

La roue à tourné

13.01.2021 à 10:01

Belle initiative , pas très écolo , mais qui ne change rien à l'économie locale , et ne lui assurera certainement pas un emploi stable et bien rémunéré. C'est devant le conseil d'Etat qu'il fallait l'afficher , et encore..dans ces toilettes.

Didi0000002

13.01.2021 à 09:52

Je trouve triste de devoir faire ça pour trouver du travail... faut se prostituer maintenant ?