Actualisé 18.06.2018 à 12:36

Lausanne«Un climat détestable» à cause de l'affaire Melgar

A la suite du buzz créé par le cinéaste qui dénonce les dealers sur le web, certains Noirs se sentent harcelés.

de
Xavier Fernandez
Des migrants d'origine africaine dénoncent des amalgames (photo prétexte).

Des migrants d'origine africaine dénoncent des amalgames (photo prétexte).

Keystone

«Depuis que je suis en Suisse, j'avais déjà subi des contrôles au faciès et des brutalités policières. Mais, maintenant, je suis victime d'une nouvelle forme de racisme: le harcèlement des citoyens», explique Mike, Suisse d'origine congolaise.

Son coup de gueule fait suite à un triste événement survenu la semaine dernière. Alors qu'il se dirigeait vers la gare de Lausanne, il a été photographié par des passants, qui l'ont pris pour un dealer car il s'était arrêté pour discuter avec un ami.

«Jamais auparavant je n'avais vécu un truc pareil. Du moment que deux Africains parlent ensemble, une forme de méfiance s'installe. Et cette stigmatisation, nous la devons aux publications de photos de dealers sur Facebook par Fernand Melgar. Son action a créé un climat détestable à vivre au quotidien pour tous les Africains, à commencer par ceux qui comme moi travaillent honnêtement.»

Plusieurs témoignages

Ce témoignage n'est pas unique. «L'autre jour, j'attendais mon train sur un quai de la gare de Lausanne et je discutais avec une connaissance. Une jeune fille s'est alors empressée d'appeler la police, qui n'a pas tardé à venir nous contrôler. Un Noir à la gare, c'est forcément suspect», ironise Laurent.

Et un autre migrant d'ajouter: «Lundi à Saint-Roch, un jeune s'est approché de moi pour savoir si j'avais de la drogue à vendre. Mais je ne faisais que passer. Face à son insistance, j'ai fini par m'énerver.»

42% des Lausannois sont des étrangers

Malgré ces témoignages (lire ci-contre), le Bureau lausannois pour les immigrés (BLI), qui est ouvert à toute personne confrontée à une situation à caractère raciste, n'a pas constaté d'évolution dans la gravité des cas qui lui ont été rapportés ni dans le nombre de consultations. Mais le BLI rappelle qu'à Lausanne, où plus de 42% de la population est d'origine étrangère, tous doivent être égaux en droit et perçus à cette seule mesure, et non selon leur origine ou couleur de peau.

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