Genève: Un club au passé sulfureux fait enrager les riverains
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GenèveUn club au passé sulfureux fait enrager les riverains

Des voisins dénoncent les nuisances que générerait le «Silencio». Ces témoins sont au coeur d'une nouvelle étape judiciaire dans le litige qui oppose la discothèque et son bailleur.

par
David Ramseyer
dr

«Ils n'en ont rien à foutre de personne! Il y a tout le temps du bruit et des bagarres, s'énerve un habitant. On a appelé plusieurs fois la police, rien n'y fait.» D'autres voisins parlent de deal et consommation de drogues, s'émeuvent des déchets qui joncheraient parfois le trottoir du night-club «Silencio».

Autant de témoignages sur lesquels s'appuie le bailleur des lieux dans un appel déposé il y a deux semaines devant la justice genevoise. Dans ses efforts pour mettre à la porte la discothèque et louer l'endroit à un autre établissement, il demande l'annulation du jugement rendu le 22 septembre 2015 par le Tribunal des baux et loyers.

Efforts contestés

«Ce dernier a estimé que mon client n'avait pas d'arguments suffisants pour résilier dans les plus brefs délais le bail du Silencio, car la situation n'y serait pas si mauvaise que décrite par nos témoins», explique Me Marco Rossi. Une résiliation que la justice avait pourtant rendue effective au 31 janvier 2014. Le night-club l'a contesté. Il a affirmé avoir mis de l'ordre au sein de son personnel et pris des mesures pour réduire les nuisances, suite aux affaires le concernant (voir encadré). Des contre-vérités, selon l'avocat du bailleur. «Je ne comprends pas pourquoi le tribunal se base sur les déclarations du Silencio et pas sur celles des voisins.»

L'homme de loi espère bien qu'elles feront pencher la balance en faveur de son client, mais il se fait peu d'illusions: «Les chances de succès sont mitigées. Dans ce genre de litige, il est difficile de faire accélérer des procédures qui durent souvent plusieurs années. »

Silenzio stampa

Les forces de l'ordre sont intervenus trois fois depuis août dernier auprès du night-club pour tapage nocturne, «mais rien de significatif pour nous. Cet établissement ne pose pas de problème particulier du point de vue de la police cantonale», indique son porte-parole Silvain Guillaume-Gentil. Quant au service du commerce, il n'entend pas se prononcer sur une affaire en cours. Contacté, le Silencio nous a renvoyé à son avocat. Ce dernier n'a pas souhaité s'exprimer.

Le Silencio: une existence tapageuse

Le nightclub des Pâquis a défrayé la chronique à plusieurs reprises, ces dernières années. En mai 2013, lors d'une descente, la police trouve de la cocaïne et de la marijuana dans l'établissement. Elle estimait à l'époque que la consommation de drogue y est régulière et fréquente. L'administration ferme les lieux durant 11 jours.

Le Silencio affirme ensuite avoir fait le ménage dans son équipe et renforcé la sécurité. Pourtant, l'année suivante, une pétition des riverains dénonce de multiples nuisances qui seraient liées à la discothèque (bagarres, deal, bruits, déchets sur le trottoir). Ces témoignages perdurent aujourd'hui.

L'endroit est aussi indirectement concernée par un drame survenu en août 2012. Un homme s'est noyé alors qu'il participait à une fête organisée par le club sur une barge, dans la Rade. Le Silencio bénéficiait des autorisations requises et n'a pas été inquiété par la justice.

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