Pour obtenir le respect: Un coiffeur qui fait payer cash les retardataires
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Pour obtenir le respectUn coiffeur qui fait payer cash les retardataires

Un professionnel genevois des ciseaux met ses clients indélicats à l'amende, au risque de les perdre.

par
tpi

En 24 heures, la rumeur s'est vite propagée aux Pâquis. Mercredi, une femme d'un certain âge aurait été contrainte de payer 160 francs de dédommagement à son coiffeur. La raison? Elle se serait présentée à son rendez-vous avec quatre minutes de retard. «Je l'ai appelée, elle était en larmes au téléphone, raconte un habitant du quartier. Je suis scandalisé par cette attitude qui vise à profiter des gens les plus faibles.»

«Ce ne sont que des bobards!», s'offusque Jean Estoppey, propriétaire de Joyma Coiffure, le salon concerné. Il reconnaît toutefois que la cliente a bel et bien déboursé 160 francs. Explications: face aux défections de plus en plus fréquentes de ses clients, Jean a décidé de serrer la vis. Si l'un d'entre eux arrive avec 15 minutes de retard ou plus à son rendez-vous, ou s'il ne s'y présente pas, il doit payer la totalité de la séance qu'il avait réservée. Une compensation réclamée uniquement si la personne désire de nouveau prendre rendez-vous chez lui.

«Mercredi, la cliente avait 35 minutes de retard, assure Jean. Elle a accepté de payer pour revenir, avant de se rétracter plus tard. Je l'ai donc remboursée.» Il explique son comportement par le manque à gagner induit par les retards et les annulations de dernière minute. «C'est un manque de respect. Et plusieurs autres professions font comme nous. J'espère que d'autres vont nous emboîter le pas.»

Une pratique courante

Facturer un rendez-vous pris qui n’a pas été honoré, la pratique n’est pas nouvelle. Elle est même relativement fréquente dans les professions médicales et paramédicales. Le direction du Service cantonal genevois du commerce explique que ces entrepreneurs peuvent envoyer une facture à leurs clients indélicats. En revanche, ils n’ont pas autorité pour les amender ni pour leur réclamer une somme sur-le-champ. Mais gare aussi à ne pas effrayer le chaland...

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