RDC: Un collaborateur de la RTS «passé à tabac»
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RDCUn collaborateur de la RTS «passé à tabac»

Un journaliste indépendant congolais basé dans l'est de la République démocratique du Congo, a été «passé à tabac» il y a près d'une semaine par des hommes armés en tenue militaire.

Le journaliste revenait d'un reportage sur l'exploration pétrolière dans le parc des Virunga, a annoncé jeudi l'ONG Journaliste en danger (JED).

Gaïus Kowene, qui travaille notamment pour la Radio-Télévision Suisse, la Deutsche Welle et Radio Netherlands, «a été attaqué, vendredi 4 octobre 2013 vers 19h00, à son domicile par un groupe de six personnes armées en tenues militaires», explique un communiqué.

«Kowene a été dépouillé de son sac contenant son matériel de travail (ordinateur portable, enregistreur zoom, passeport, etc)», puis «copieusement passé à tabac par les assaillants avant que ces derniers ne s'éclipsent dans la nature», est-il ajouté.

JED souligne que, selon des témoignages, le journaliste revenait d'un reportage sur l'exploration pétrolière dans le parc des Virunga quand il a été attaqué. Interrogé par l'ONG, M. Kowene a indiqué que les hommes armés ont fouillé son sac avant de l'agresser. La victime a porté plainte mardi à l'auditorat militaire de la province du Nord-Kivu, dont Goma est la capitale.

Classé au patrimoine mondial de l'Unesco, le parc naturel des Virunga est le plus ancien d'Afrique. D'une superficie de 790'000 hectares, il abrite des écosystèmes très variés (steppes, marécages, lacs, volcans, montagnes jusqu'à 5000 mètres) où vit une faune très abondante.

Plainte du WWF

Le Fonds mondial pour la nature (WWF) a porté plainte auprès de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) au sujet des activités de la compagnie pétrolière britannique Soco International PLC aux abords et dans le parc des Virunga. WWF affirme que les activités de Soco «violent les directives» de l'OCDE «concernant l'environnement et les droits de l'Homme». Des accusations rejetées comme «infondées» par la compagnie.

Interrogé par l'AFP, M. Kowene a indiqué qu'il ne savait pas si son agression était liée à son enquête dans le parc des Virunga: «Comme je n'ai jamais reçu de menace ou de plainte par rapport à mon travail, je ne sais pas le confirmer ou l'affirmer».

En revanche, «des sources officielles (ministres provinciaux, conservateurs de la nature) ne cessaient de me répéter: Tu sais que tu es en train de traiter un dossier sensible?», a souligné le journaliste. «Beaucoup refusaient même de parler par peur de représailles», a-t-il ajouté. (ats)

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