Lausanne: Sous la pression policière, le collectif de soutien aux sans-abri a quitté Beaulieu

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LausanneSous la pression policière, le collectif de soutien aux sans-abri a quitté Beaulieu

En réponse à la fermeture ce dimanche de deux structures d’accueil de nuit, un collectif baptisé 43 m² avait installé un hébergement d’urgence sur l’esplanade de Beaulieu, à Lausanne. Sous la pression de la police municipale, les militants ont quitté les lieux dans la soirée.

Le campement a été déserté par les militants, samedi soir.

Le campement a été déserté par les militants, samedi soir.

20minutes/Laura Juliano.

Ils avaient annoncé la couleur en début de semaine, ils ont tenu parole! Des militants de diverses organisations se sont réunis sous la bannière 43 m² – en référence à la surface moyenne occupée par une personne dans les logements en Suisse – avaient pris possession de l’Esplanade de Beaulieu à Lausanne et y avaient installé un campement relativement sophistiqué pour les sans-abri, samedi. Cette action fait écho à la fermeture des hébergements d’urgence du Répit et de la Borde 47, dimanche, en raison de l’arrivée de la belle saison. La police municipale a délogé les militants dans le calme, en soirée, samedi.

«Nous avons choisi d'investir Beaulieu pour plusieurs raisons. Le Palais de Beaulieu appartient à la Ville de Lausanne et comprend plusieurs espaces vides. Ensuite, les personnes habituées à dormir dans les hébergements d'urgence connaissent ce lieu: ce dernier a déjà servi d'accueil de nuit et de jour en période de COVID. Finalement, en un temps record et à raison, les autorités ont mis à disposition 200 lits, afin d'accueillir les personnes fuyant la guerre en Ukraine. Évidemment, nous saluons les efforts solidaires envers les Ukrainiennes et les Ukrainiens et en aucun cas nous ne voulons hiérarchiser ces problématiques par contre, nous prônons une solidarité qui résiste à toute épreuve et qui ne priorise pas un groupe de personnes sur un autre. S'il est possible de déployer 200 lits pour les personnes venant d'Ukraine, il est possible d'en déployer tout autant pour les personnes sans-abri.», avait expliqué le collectif dans un communiqué.

43m² réclame l’ouverture imminente d’une halle

«Afin que cet hébergement d’urgence puisse répondre aux besoins essentiels de chaque personne présente, nous demandons aux autorités l’ouverture immédiate d’une halle de Beaulieu. Nous demandons de l’eau courante et de l’électricité. Nous demandons également aux autorités de ne procéder à aucune évacuation et de soutenir le mouvement 43m² autant que possible. Nous avons notifié cette action à la Ville de Lausanne et à l’État de Vaud et nous nous sommes mis, dés le départ, à disposition pour mettre en place un dialogue constructif» pouvait-on encore lire dans le communiqué.

Dans le courant du mois d’avril, des associations avaient adressé une lettre ouverte au canton dans laquelle elles jugeaient le dispositif d'hébergement d'urgence vaudois dépassé et demandaient des solutions. Vendredi, la Ville de Lausanne avait lancé un projet pilote de sept mois d’hébergement d’urgence pour des travailleurs aux revenus modestes.

(comm/mfr)

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