Procès UBS : Un collègue de l'ex-trader a pensé au suicide

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Procès UBS Un collègue de l'ex-trader a pensé au suicide

L'un des collègues de l'ex-trader d'UBS jugé à Londres pour fraude a avoué jeudi avoir eu connaissance du «fonds secret». Il a raconté comment cette affaire l'a conduit au bord du suicide.

John Hughes, ancien trader d'UBS, à pensé à se suicider.

John Hughes, ancien trader d'UBS, à pensé à se suicider.

John Hughes a expliqué devant le tribunal de Southwark Crown qu'il gardait un souvenir confus des faits car il avait subi un «énorme traumatisme» et envisagé de se suicider.

Après l'arrestation de Kweku Adoboli, il a pensé à «conduire au milieu de l'autoroute», lors d'un voyage en voiture de près de 350 kilomètres durant lequel il n'a cessé de pleurer, selon ses dires. Le banquier a affirmé qu'il avait dû consulter un psychologue à cette époque. Visiblement ému à l'écoute du récit de son ancien collègue, M. Adoboli a essuyé une larme.

Interrogé par les avocats de la défense, John Hughes a reconnu avoir eu connaissance du fonds secret utilisé par l'ex-courtier Kweku Adoboli pour dissimuler des opérations non autorisées.

Des échanges de courriers électroniques entre les deux hommes montrent qu'ils avaient pris l'habitude de surnommer ce fonds «Rihanna», en hommage à la célèbre chanteuse.

Une «police d'assurance»

M. Hughes l'appelait également «notre police d'assurance». Il a toutefois assuré avoir pensé à l'époque que ce fonds n'était pas destiné à dissimuler une fraude mais qu'il devait plutôt permettre de couvrir des risques sur des opérations de courtage.

Agé de 32 ans, Kweku Adoboli, fils d'un fonctionnaire ghanéen des Nations unies à la retraite, est poursuivi pour «abus de position» et «fraudes comptables» et risque jusqu'à dix ans de prison. Il plaide non coupable.

L'accusation lui reproche d'avoir dépassé ses limites de courtage autorisé, en inventant des opérations fictives et en mentant à ses supérieurs. Il aurait ainsi cherché à faire progresser son bonus et ses perspectives de carrière.

Les agissements du trader, qui travaillait au département des ETF («Exchange Traded Funds», des produits financiers complexes adossés à l'évolution d'un indice boursier), avaient débuté en 2008. Kweku Adoboli comparait sous le régime de la liberté sous contrôle judiciaire.

(ats)

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