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Un comité de jeunes exige l'harmonisation des bourses

Plébiscitée dimanche par le peuple, l'harmonisation de la formation implique également de mettre fin aux disparités entre les cantons qui sont jugées discriminatoires, estiment les pétitionnaires.

Chaque étudiant doit disposer de la même aide financière quel que soit le canton où il habite, demande le comité constitué de la Jeunesse socialiste (JS), des Jeunes démocrates-chrétiens (JDC), des Jeunes Verts, de la Commission de jeunesse de l'USS et de la Jeunesse alternative (JA!). Dans une pétition lancée à Berne, la Confédération est invitée à intervenir pour mettre fin «au chaos des systèmes de bourses actuels».

Avec 26 cantons, nous avons 26 manières différentes d'octroyer des bourses, a déploré Jean-Christophe Schwaab, président de la Commission de jeunesse de l'Union syndicale suisse (USS). Présentant le même profil, un apprenti de 17 ans recevra ainsi 0 franc s'il habite à Zurich et 6600 francs s'il est à Bâle-Ville, indique une enquête du magazine «Beobachter», citée par le comité.

Et les montants des bourses ne sont pas seuls à varier d'un canton à l'autre. Les limites d'âge pour obtenir une aide ne sont pas les mêmes partout. Dans certains cantons, on octroie des bourses, dans d'autres des prêts et dans d'autres encore des bourses et des prêts, illustre Arnaud Thièry, secrétaire central de la JS.

Egalité des chances

L'harmonisation des bourses d'études est nécessaire pour assurer l'égalité des chances devant la formation, ont plaidé les divers intervenants devant la presse. Dans le même but, une hausse des montants octroyés est aussi demandée. «Car la moitié environ des étudiants qui arrêtent leur formation le fait pour des raisons financières», a déploré Rahel Ruch de la Jeunesse alternative.

Apportant son soutien symbolique à la pétition, l'Union des étudiant-e-s de Suisse (UNES) estime à 1900 francs environ les besoins mensuels d'un étudiant. Or, aujourd'hui, on sait qu'un boursier touche en moyenne 7000 francs par année, a expliqué sa co- présidente Rahel Imobersteg.

Doubler le montant

Estimé à 270 millions de francs en 2003, le montant des bourses allouées devraient atteindre le demi-milliard, demande M. Schwaab. La Confédération devrait financer ces aides à hauteur de 30 %.

Elle devrait surtout édicter des standards minimaux. Le montant alloué devrait ainsi être défini selon des critères unifiés. Il faudrait partout calculer de la même manière le coût de la vie et des études, ainsi que l'apport financier raisonnablement exigible des parents et de l'étudiant. La différence constituerait le montant de la bourse, précise Marguerite Meyer, membre de la JS.

Situation favorable

Pour Mme Imobersteg, «depuis 50 ans, la situation politique en Suisse n'a jamais été aussi bonne qu'aujourd'hui pour revendiquer un système de bourses uniforme». Le «oui» massif du peuple dimanche aux nouveaux articles constitutionnels sur la formation est là pour le prouver, estime le comité des jeunes.

Et de rappeler que, dans sa version mise en consultation, la nouvelle péréquation financière prévoyait un article sur l'unification des bourses et des prêts. Or cette disposition a été biffée par le Conseil fédéral, suivi par le Conseil des Etats, a dit Patrick Angele, de la Jeunesse socialiste. «Nous demandons au Conseil national de réintroduire cet article cet automne.»

Unanimement en faveur de l'unification des montants alloués, le comité des jeunes est plus divisé sur la suite. Ainsi, les démocrates-chrétiens préconisent l'octroi de bourses et de prêts sans intérêt, alors que les alternatifs refusent l'idée que des étudiants s'endettent pour leur formation. (ats)

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