Un commerce du centre pris d'assaut par les syndicats
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Un commerce du centre pris d'assaut par les syndicats

GENEVE – Unia reproche à la direction de Mode Discount Plus une politique salariale jugée inadmissible.

Le syndicat persiste et signe! Dix jours après l'action menée contre la succursale de Zara à la place du Molard, un nouveau «commando» de sept personnes a investi hier un magasin de vêtements de la rue de Carouge. But de l'opération: dénoncer publiquement des conditions salariales jugées inadmissibles. «Il est impossible de vivre à Genève avec un salaire de 3200 fr., s'indigne Jamshid Pournapir délégué d'Unia. Quatre des cinq employées non qualifiées touchent ce traitement inférieur de 10% au tarif de la convention collective.» Pire, l'enseigne ne veut pas payer l'assurance perte de gain. «Cela fait six ans que je travaille ici à plein temps, explique une employée, et mon salaire n'a jamais bougé.» Menacé par un préavis de grève voté à l'unanimité, l'employeur dispose désormais de quarante-huit heures pour régulariser la situation. Malgré nos tentatives, il n'a pas pu être joint.

Effet d'annonce, ces derniers jours Unia multiplie les protestations dans les magasins. Celle qui s'est déroulée chez Zara a été qualifiée d'illégale par la direction de l'enseigne espagnole. Elle a donc décidé de porter plainte contre le syndicat pour avoir maltraité ses clients et obligé ses employés à arrêter le travail. «D'entente avec les autorités, l'association des patrons, désire criminaliser les mouvements sociaux. Il s'agit de donner une image lisse d'une Genève internationale qui ne fait pas grève», conclut le syndicaliste.

Shahïn Ammane

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