Un compromis entre Pristina et la Serbie?
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Un compromis entre Pristina et la Serbie?

Pristina - Trois médiateurs internationaux tentaient samedi à Pristina d'encourager les leaders kosovars, résolus à obtenir l'indépendance, à un compromis avec la Serbie.

Belgrade refuse toujours de perdre sa souveraineté sur la province administrée par l'ONU.

L'Américain Frank Wisner, l'Allemand Wolfgang Ischinger et le Russe Alexandre Botsan-Khartchenko, devaient rencontrer les responsables de la force de l'OTAN (Kfor) déployée dans la province à la fin du conflit de 1998-1999 et de la mission de l'ONU avant des entretiens avec les dirigeants kosovars.

La presse du Kosovo se montrait sceptique sur les résultats que pourrait obtenir cette «troïka diplomatique», créée par le Groupe de contact, l'entité internationale chargée d'aider à régler les problèmes issus du démantèlement de la Yougoslavie.

«Une perte de temps»

«Les nouvelles discussions ne sont qu'une perte de temps qui met en danger la stabilité du Kosovo et de la région», estimait ainsi le quotidien «Kosovo Sot».

Plusieurs journaux citaient le Premier ministre kosovar, Agim Ceku, selon lequel ces négociations sont «le dernier ajournement» du statut du Kosovo qui doit ensuite «être reconnu comme un Etat indépendant par la communauté internationale».

Après des entretiens vendredi avec les dirigeants serbes qui ont réaffirmé leur opposition à l'indépendance du Kosovo, la «troïka», avare en commentaires, a souligné qu'elle ne ménagerait pas ses efforts pour trouver un compromis.

A l'issue de sa mission prévue pour 120 jours, elle doit présenter le 10 décembre un rapport au secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon.

La «troïka» a vu le jour après le refus de la Russie, alliée traditionnelle de la Serbie, d'approuver au Conseil de sécurité de l'ONU un plan, soutenu par les Etats-Unis et l'Union européenne (UE), prévoyant une indépendance du Kosovo contrôlée par une mission internationale, chapeautée par l'UE.

Risques de violences

Pour Washington et l'UE ce plan, présenté au début de l'année par le médiateur de l'ONU, Martti Ahtisaari, reste la base des nouvelles discussions, alors que Belgrade et Moscou le considèrent sans valeur.

Les dirigeants kosovars soulignent que les retards dans la définition du statut du Kosovo ne font qu'aggraver la frustration des Albanais qui, majoritaires à plus de 90 %, n'envisagent d'autre solution que l'indépendance.

Dans un climat volatile, cette frustration risque d'engendrer de nouvelles violences, estiment-ils, une menace prise au sérieux par la Kfor dont les quelque 17 000 soldats sont toujours sur le qui- vive.

(ats)

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