Un concurrent de la Suisse grand actionnaire
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Un concurrent de la Suisse grand actionnaire

Le montant des dépréciations d'actifs de l'UBS à la suite de la crise du subprime aux Etats-Unis étonne les experts des banques.

L'appel à un concurrent de la place financière suisse pour renflouer le capital les surprend encore plus.

En souscrivant 11 milliards de francs d'obligations convertibles, la société GIC, qui appartient à l'Etat de Singapour, devient le seul actionnaire individuel à détenir plus de 5% de l'UBS. Or, que Singapour soit un gros actionnaire de la banque helvétique est gênant, a expliqué à l'ATS Beat Bernet de l'institut des banques et des finances de l'Université de Saint-Gall.

La ville-Etat du sud-est asiatique est un important concurrent de la place financière suisse. «Cela devrait déjà donner à réfléchir.» D'autant plus que Singapour peut désormais prétendre à un siège au conseil d'administration de l'UBS, a-t-il dit.

Les nouveaux investisseurs profitent aussi d'un taux d'intérêt élevé, de 9%, pour les obligations qu'ils ont souscrites. «On ne paie un tel montant que lorsqu'on a besoin d'argent ou lorsque le risque est élevé», estime le professeur saint-gallois.

Montant trop élevé

L'expert se dit aussi étonné du montant des dépréciations supplémentaires, de plus de 10 milliards de dollars. Son ampleur est gigantesque, renchérit le professeur zurichois Hans Geiger du «Swiss Banking Institute». Il dépasse celui des autres banques internationales touchées par la crise.

Que la banque doive renforcer son capital de 19,4 milliards de francs montre qu'elle fait face à un coup dur, selon lui. Mais les clients de l'UBS n'auront pas à s'inquiéter encore longtemps. «La banque est aussi sûre qu'avant. Elle ne brille seulement plus du même éclat».

Une démission du président du conseil d'administration, Marcel Ospel, n'apporterait rien, ajoutent les deux experts. «Il serait imprudent de jeter le capitaine par dessus bord maintenant», estime M. Bernet. (ats)

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