Accident de car du Val d'Aoste: «Un conducteur de cet âge-là, ce n'est plus normal»
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Accident de car du Val d'Aoste«Un conducteur de cet âge-là, ce n'est plus normal»

Les petites entreprises de transport par autocar se livrent une concurrence acharnée pour survivre. L'association suisse des transports routiers (ASTAG) s'étonne de l'âge du chauffeur.

Mais, même dans ce contexte économique tendu, employer un chauffeur de 81 ans n'est «plus normal» aujourd'hui, estime le directeur de l'ASTAG.

Michael Gehrken reconnaît mercredi avoir été «un peu surpris» en apprenant qu'un homme de 81 ans était au volant du car d'Ouest Voyages de Renens (VD) qui est sorti de la route mardi près d'Aoste causant la mort de deux personnes dont le chauffeur.

Plus normal

«Ce n'est plus normal d'avoir des conducteurs de cet âge aujourd'hui», affirme le directeur de l'Association suisse des transports routiers (ASTAG) interrogé par l'ATS. Il note toutefois que la formation continue est désormais obligatoire pour les chauffeurs, même si ce n'est qu'un jour par an.

Pour les petites entreprises de transport par autocar, la situation est devenue très rude, relève Jean-Richard Salamin. «Elles ont de la peine à suivre, c'est pas facile pour elles de recruter des chauffeurs, un métier qui est devenu de plus en plus stressant», selon le secrétaire de Car Tourisme Suisse, un groupe de l'ASTAG.

Question d'argent

Sans se prononcer sur l'état de l'entreprise Ouest Voyages, Jean- Richard Salamin note qu'il a fallu la biffer il y a quatre ans de la liste des membres de l'Association des autocaristes pour des questions de cotisations non payées.

Patron d'une petite entreprise de cars à Villeneuve (VD), Christian Angeloz désapprouve l'emploi de chauffeurs très âgés pour des tâches aussi importantes. «Non je ne ferais pas ça», répond-il à une question sur l'utilisation d'un homme de 81 ans comme dans le cas d'Aoste.

Activité saisonnière

Il faut veiller à adapter les tâches et le personnel, selon lui. Un jeune chauffeur inexpérimenté ou un retraité qui donne des coups de main ne doivent pas se retrouver au volant pour des trajets lourds ou compliqués.

La profession a toujours eu recours à des auxiliaires, remarque- t-il. «C'est une activité saisonnière», avec des périodes intenses et d'autres creuses, d'où l'importance d'avoir du personnel assez flexible, commente Christian Angeloz qui possède cinq véhicules. Mais, à ses yeux, des limites s'imposent.

(ats)

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