Actualisé 08.12.2011 à 19:07

Homicide par négligenceUn conducteur ivre écope de 20 mois avec sursis

Le conducteur ivre qui avait causé la mort d'un scootériste en 2009 sur la route de Choulex (GE) a été condamné jeudi par le Tribunal de police à 20 mois de prison avec sursis pendant cinq ans.

Le 2 septembre 2009, la route d'un médecin âgé de 51 ans qui se rend à son travail croise fatalement celle d'un cuisinier âgé de 24 ans. Ce jeune homme rentre d'une nuit festive. Il roule trop vite dans un virage et perd la maîtrise de sa voiture. Le scootériste freine pour l'éviter, mais c'est le choc.

La victime, père de trois enfants, décède peu après son arrivée à l'hôpital. L'audience devant le Tribunal de police était émotionnellement intense avec la présence d'une famille frappée par le chagrin qui faisait face pour la première fois au conducteur fautif.

Le vide au quotidien

La veuve a décrit le cauchemar suite à la perte brutale de son mari, l'absence qui reste intolérable et sa survie faite de petits pas car ses enfants ont besoin d'elle. Son avocat a aussi lu des déclarations des deux filles aînées qui s'adressent au prévenu dont la «bêtise d'un soir» a causé un vide au quotidien.

Dans sa plaidoirie, Pierre Gabus, l'avocat de la famille, a relevé qu'un homicide par négligence peut arriver à tous. Mais la conduite en état d'ébriété rend l'histoire fondamentalement difficile, d'autant plus que, selon le défenseur, le prévenu avait plusieurs nuits blanches à son actif.

Poids de la culpabilité

Le ministère public qui avait requis 20 à 21 mois de prison avec sursis de cinq ans a insisté sur la gravité de la faute du conducteur et ses conséquences irréversibles. «Vous n'auriez jamais dû prendre le volant», lui a lancé la procureure Gaëlle Van Hove. «Vous saviez pertinemment le danger!».

Le prévenu, qui n'a aucun antécédent judiciaire, reconnaît les faits. Il explique avoir bu du whisky avec un ami mais «se sentait apte à conduire». «Je pourrais dire tout ce que je veux, mais ça ne réparera pas», a-t-il déclaré. Son amie et son père ont décrit le poids de sa culpabilité suite au drame: insomnies, crises d'angoisse et dépression ont fait partie de son quotidien.

De la prévention

Son avocate Me Florence Yersin a dépeint son client comme une personne tristement normale qui a commis une faute énorme. Il s'est engagé à parler de ce drame aux autres, a relevé l'avocate. Le prévenu a d'ailleurs expliqué vouloir participer comme bénévole à l'opération Nez Rouge.

Le Tribunal de police a tenu compte de ces regrets sincères pour fixer la peine. Il l'a aussi condamné à payer les frais de la procédure, soit près de 27'000 francs. Aucunes prétentions civiles n'ont été évoquées lors de ce procès, ce point ayant été réglé par un accord préalable.

(ats)

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