Meutre à Kaboul: Un conseiller du président afghan assassiné

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Meutre à KaboulUn conseiller du président afghan assassiné

Jan Mohammad Khan, ex-gouverneur de la province d'Ourouzgan, a été assassiné dimanche soir à son domicile à Kaboul.

L'assassinat de M. Khan, décrit comme «très proche» du chef de l'Etat, intervient moins d'une semaine après celui du demi-frère de M. Karzaï, Ahmed Wali Karzaï, abattu à son domicile à Kandahar, région dont il était l'homme fort.

«Jan Mohammad Khan et (le député Mohammad Hashem) Watanwal ont été assassinés» par au moins deux assaillants qui ont pris d'assaut le domicile du premier, a annoncé à l'AFP un porte-parole de la police de Kaboul, Hashmat Stanikzaï.

«Les forces de sécurité sont entrées dans la maison où les assaillants avaient pris position», a-t-il indiqué, précisant que l'assaut semblait terminé.

«Les forces de sécurité continuent de fouiller (la maison) pour vérifier qu'il ne reste aucun assaillant vivant», a-t-il précisé. «Il y eu au moins deux explosions à l'intérieur de la maison, mais nous ne savons pas s'il s'agit de grenades ou de kamikazes» s'étant fait exploser.

Des tirs d'armes automatiques ont néanmoins repris peu avant minuit (19H30 GMT), selon un photographe de l'AFP sur place.

Un porte-parole du ministère de l'Intérieur, Siddiq Siddiqi, a de son côté affirmé que les assaillants «n'étaient pas des kamikazes».

Alors qu'un premier assaillant avait été tué, un second a résisté depuis le 3e étage de la demeure, a-t-il ajouté, sans préciser s'il avait été finalement neutralisé.

Le sort de la famille de M. Khan était inconnu. «Des voisins disent que la famille a quitté la maison, mais d'autres affirment qu'elle est encore à l'intérieur», a indiqué M. Stanikzaï.

L'axe sur lequel débouche l'allée menant au domicile de M. Khan était bloqué par un important déploiement de forces de sécurité. L'électricité a été coupée dans tout le quartier et la zone était plongée dans le noir.

Jan Mohammad Khan «était très proche de Karzaï», a déclaré un haut responsable gouvernemental à l'AFP. «Il était aussi important (pour lui) qu'Ahmed Wali Karzaï», demi-frère du chef de l'Etat et homme fort de la région de Kandahar (sud), assassiné par balles le 12 juillet, par un proche et responsable d'une partie de sa sécurité.

Les mobiles du meurtrier, qui a été abattu, restent inconnus, même si les talibans ont revendiqué le meurtre.

Sur la sellette depuis longtemps

Jan Mohammad Khan, d'ethnie pachtoune, appartenait, comme le président Karzaï dont il était un ami de longue date, à la puissante tribu des Popalzaï.

Il avait échappé en août 2010 à une précédente tentative d'assassinat. Une moto piégée, dont la bombe était commandée à distance, avait explosé au passage de sa voiture dans l'Ourouzgan, limitrophe de la province de Kandahar.

Les funérailles d'Ahmed Wali Karzaï avaient par ailleurs été marquées par un attentat. Une bombe a explosé le 14 juillet dans une mosquée de Kandahar, à la fin d'une cérémonie à sa mémoire, au lendemain de son inhumation, faisant trois morts dont le chef du Conseil des oulémas de Kandahar.

Une importante délégation gouvernementale, dont les ministres de la Défense, de la Justice et des Travaux publics, avait quitté la mosquée peu de temps avant l'explosion.

Un timing crucial

Ces assassinats dans l'entourage présidentiel interviennent à un moment crucial, avec le lancement officiel dimanche du processus dit de transition, dans le cadre duquel l'Otan doit commencer à transmettre progressivement ses responsabilités en matière de sécurité aux forces afghanes.

La coalition a parallèlement entamé le retrait de ses forces combattantes, censé s'achever fin 2014, alors que nombre d'experts doutent de la capacité des forces afghanes d'assurer seules la sécurité du pays.

(afp)

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