Couples non mariés – Un contrat à remplir «quand on s’aime encore» pour ne pas finir à la rue
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Couples non mariésUn contrat à remplir «quand on s’aime encore» pour ne pas finir à la rue

Un décès ou une séparation trop peu anticipés peuvent déboucher sur des situations de conflit et de précarité. Un bureau de prévention a préparé un document pour aider les couples non mariés à combattre un vide légal.

par
Pauline Rumpf
Hors mariage, il est conseillé de préparer le pire quand tout vas bien.

Hors mariage, il est conseillé de préparer le pire quand tout vas bien.

Getty Images

A la rue du jour au lendemain, sans revenus car sans travail pour s’occuper des enfants, ou encore dépossédé par la famille du partenaire; lors d’un décès ou d’une séparation, les situations difficiles sont multiples. Pourtant, la cause est souvent la même: un manque de préparation aux tristes éventualités. Le Bureau information femmes (BIF) le constate chaque semaine lors de ses consultations. «A la fin de la vie commune, le plus faible des deux peut se retrouver en situation extrêmement précaire», observe Christine Schwaab, présidente du BIF.

Ce dernier a donc rédigé un contrat destiné à ceux qui ne souhaitent pas se marier ou se pacser, mais font leur vie en couple, avec ou sans enfants en commun ou d’une précédente union. «L’idée n’est pas de tout réglementer, mais d’amener les couples à aborder ces questions quand tout va bien, lorsqu’on est encore généreux l’un avec l’autre. Quand ça tourne au vinaigre, c’est trop tard.» De nombreuses pistes peuvent être creusées: s’est-on annoncé à la caisse de pension de son partenaire? A-t-on fait un testament? Les deux partenaires sont-ils titulaires d’un bail? Chacun dispose-t-il d’une procuration pour les comptes partagés?

Alors que certains renoncent à se marier pour éviter trop d’administratif et garder la facilité de se quitter, cette démarche peut donc paraître contre-productive, concède Christine Schwaab. Mais lorsque l’on partage un logement, ou que des enfants entrent dans l’équation, l’enjeu est de taille: «il arrive que ces situations aboutissent à une entrée au social ou à un bouleversement de vie, rappelle-t-elle. Récemment, une dame âgée de 82 ans s’est inquiétée de ce qui arriverait si son compagnon depuis 25 ans trépassait: ses enfants à lui, copropriétaire avec Monsieur du logement conjugal, ne seraient même pas tenus à trois mois de préavis pour mettre Madame à la porte. De plus, elle n’aurait pas touché de rente de veuve, et n’avait qu’un très petit revenu. Si on n’avait pas réglé la situation, cela aurait pu très mal finir.»

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