Fribourg - Un couple autorisé à nommer sa fille Tiktu Spring Hokkaidö
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FribourgUn couple autorisé à nommer sa fille Tiktu Spring Hokkaidö

Des parents fribourgeois se battent depuis une année pour faire reconnaître le prénom de leur fille. Les autorités s’y opposaient mais ont fini par céder.

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Bettina Zanni/cde
Pendant plus d’un an, les autorités fribourgeoises refusaient de reconnaître officiellement le nom de Tiktu Spring Hokkaidö. Photo d’illustration

Pendant plus d’un an, les autorités fribourgeoises refusaient de reconnaître officiellement le nom de Tiktu Spring Hokkaidö. Photo d’illustration

Pixabay

Tiktu Spring Hokkaidö est une petite fille née en avril 2020 dans le canton de Fribourg. Pendant plus d’un an, les autorités refusaient de reconnaître officiellement le nom de l’enfant. Le recours des parents a finalement été accepté.

Connotation masculine et risque de stigmatisation

Selon la décision, Tiktu est un nom inventé par les parents. Ces derniers expliquent avoir été inspirés par leurs voyages. Le couple a choisi Spring parce qu’il voulait mettre en avant les aspects positifs de la vie. Hokkaidö fait référence à l’île japonaise du même nom, un endroit particulièrement cher aux yeux des parents.

Pourtant, en juillet 2020 le Service des affaires institutionnelles, des naturalisations et de l'état civil du canton de Fribourg (SAINEC) a refusé d’inscrire ce nom dans le registre. La raison: le prénom inventé Tiktu ne donne aucune indication sur le sexe de l’enfant et a tendance à évoquer des connotations masculines. De plus, le nom permettrait toutes sortes de déformations susceptibles de stigmatiser l’enfant dans ses relations sociales.

Pas de danger pour le développement de l’enfant

Peu après, le couple a fait appel, en accusant les autorités de prendre une décision arbitraire. Selon les parents, le choix des noms de leurs deux premiers enfants, des garçons nés en 2016 et 2018, n'a jamais posé problème.

«Même s’il est certes étonnant d’appeler sa fille Tiktu, rien ne permet de penser que ce prénom expose l’enfant à un ridicule particulier», écrit le Tribunal cantonal dans son arrêt. Le nom Tiktu ressemble à TikTok et Tic Tac, mais il ne risque pas d’entacher de manière évidente le développement et la personnalité de la jeune fille.

Le couple a tout de même cédé sur un point. À l’origine, le nom de la fille devait se terminer par Goodall, en hommage à la célèbre scientifique britannique spécialiste des primates, Jane Goodall. Les parents ont renoncé car, selon le tribunal, un nom de famille ne peut pas être utilisé comme prénom.

Plus de tolérance demandée aux autorités

Les officiers de l'état civil sont chargés de refuser les prénoms qui nuisent manifestement aux intérêts de l’enfant. Cette décision est donc laissée à la discrétion de chaque individu. Pour la conseillère pédagogique Karin Knecht, il n’existe presque aucun nom qui puisse nuire à un jeune. «Vous pouvez gâcher n’importe quel prénom», remarque-t-elle.

Selon Knecht, la situation est différente lorsqu’il s’agit de prénoms de personnes avec une mauvaise réputation. Donner à un enfant le nom d’un criminel connu, par exemple, est un mauvais choix.

Mais tout dépend également de l’environnement de l’enfant. «Dans une communauté très rurale, une jeune fille pourrait être importunée en s’appelant Spring, mais dans un environnement multiculturel comme Zurich, c’est moins un problème.»

La conseillère pédagogique plaide pour plus de tolérance de la part des autorités. Elle est d’ailleurs personnellement touchée par la question comme, il y a trente-neuf ans, la commune de Hombrechtikon (ZH) avait eu beaucoup de réticence à enregistrer le nom de sa fille, Arnika. «Aujourd’hui encore, les municipalités réagissent parfois de manière quelque peu conservatrice aux noms moins courants», regrette Karin Knecht.

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