Un couple de suspects interpellé après le meurtre de Valentin
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Un couple de suspects interpellé après le meurtre de Valentin

Un couple de marginaux recherchés pour l'assassinat du petit Valentin il y a une semaine dans l'Ain, en France voisine, a été interpellé dimanche en Ardèche.

L'homme et la femme, âgés respectivement de 39 et 49 ans, ont été placés en garde à vue.

Le «suspect principal» du meurtre et sa compagne ont été retrouvés en Ardèche, dans le sud-est de la France, quelques heures après la diffusion d'un mandat de recherche et de portraits robots par le procureur de Bourg-en-Bresse, Jean-Paul Gandolière, a-t-on appris auprès de la gendarmerie.

Une trace de sang laissée par l'homme dans un village voisin de Lagnieu, ville dans laquelle a été tué le garçon de onze ans, «correspond exactement» à l'ADN retrouvé sur la scène du crime et le jogging de Valentin, tué d'une quarantaine de coups de couteau, a précisé le magistrat.

Comportement étrange

Lors d'une conférence de presse, Jean-Paul Gandolière a souligné que le comportement des suspects, qui se présentaient comme des pèlerins australiens, ne correspondait pas «à toutes les exigences de santé mentale.»

Ces personnes se disaient originaires d'Australie alors qu'elles sont de nationalité française. Elles disaient venir en mission pour faire des descentes commando dans les gendarmeries et chez des notables français, a précisé le procureur.

La ministre de l'intérieur Michèle-Alliot-Marie a salué dans un communiqué la «réactivité» des équipes de la gendarmerie, alliant méthodes scientifiques et connaissance du terrain.

Félicitations de Nicolas Sarkozy

Le président Nicolas Sarkozy a également félicité les forces de l'ordre pour leur professionnalisme, soulignant qu'il reçevrait personnellement les enquêteurs à la fin du mois d'août, a indiqué l'Elysée.

L'enquête s'était accélérée samedi à la suite de témoignages, notamment d'une personne qui avait pris les suspects en stop, sur le comportement et les propos étranges tenus le jour du crime par le couple de passage à Lagnieu, une ville de 6000 habitants située à 50 km de Lyon.

Autre élément troublant: une caméra de vidéosurveillance d'une banque de Lagnieu, non loin du lieu où a été tué Valentin, montrait le suspect en train de s'éloigner en courant.

ADN

Les gendarmes ont ensuite établi que le couple, «des marginaux sans domicile fixe», avait passé la nuit dans le local paroissial d'un village voisin, à Saint-Sorlin.

Là, les enquêteurs ont trouvé sur la porte d'entrée de la salle une «trace de sang» correspondant à l'ADN relevé notamment sur le jogging de Valentin, tué alors qu'il faisait du vélo après une soirée chez un ami de sa mère.

Les enquêteurs avaient établi dès vendredi que l'ADN d'un inconnu retrouvé sur le jogging de Valentin ne figurait pas dans le fichier rassemblant environ 800 000 profils de personnes condamnées ou mises en cause pour des crimes et délits.

Marche silencieuse

A Porcieu, dans l'Isère, où résidait Valentin, près de 600 personnes ont participé dimanche matin à une marche silencieuse. Elles ont défilé derrière une banderole proclamant «Valentin dans nos coeurs pour toujours» portée par trois jeunes gens et une autre réclamant justice pour l'enfant.

Le corps de Valentin avait été retrouvé le 28 juillet vers minuit, sur le bas côté d'une rue du centre de Lagnieu près de la maison où l'enfant séjournait pour les vacances. La victime présentait une quarantaine de plaies à l'arme blanche, notamment au thorax et au cou.

(ap)

L'ADN prélevé sur le lieu du crime correspond à celui du suspect

La garde des Sceaux Rachida Dati a annoncé lundi que l'ADN du suspect interpellé dimanche dans l'enquête sur le meurtre du petit Valentin dans l'Ain correspondait à celui prélevé sur les lieux du crime.

La ministre de la Justice, «en déplacement à Bourg-en-Bresse, confirme que l'ADN prélevé sur les lieux du crime correspond à celui de la personne actuellement gardée à vue», précise un communiqué de la chancellerie.

La garde des Sceaux «a demandé au Procureur de la République de Bourg-en-Bresse d'ouvrir une information judiciaire sur la qualification de meurtre sur mineur de 15 ans avec actes de barbarie», ajoute le communiqué, qui précise que «les auteurs présumés de ces faits encourent la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une mesure de sûreté de 30 ans». AP

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