Actualisé 27.07.2015 à 14:45

Thaïlande

Un couple gay refuse de partir sans son bébé

Un couple gay a annoncé lundi son intention de ne pas quitter la Thaïlande sans sa fille née par gestation pour autrui (GPA), après que la mère porteuse du bébé a refusé de donner son accord aux deux hommes.

Gordon Lake, l'un des pères de l'enfant.

Gordon Lake, l'un des pères de l'enfant.

«Nous resterons aussi longtemps qu'il le faudra: c'est notre fille», a affirmé Gordon Lake, un Américain marié à Manuel Valero, un Espagnol, dans un entretien avec la chaîne de télévision Channel 3. «Nous ne quitterons pas la Thaïlande sans elle».

Le couple, qui a la garde de la petite Carmen à Bangkok, ne peut pas quitter la Thaïlande avec elle sans les autorisations nécessaires, que la mère porteuse refuse de signer.

Les deux hommes, qui ont déjà un petit garçon également né, en Inde, par GPA et qui vivent habituellement à Valence, dans l'est de l'Espagne, l'accusent d'avoir changé d'avis après avoir découvert leur homosexualité.

Cette affaire a ravivé des tensions en Thaïlande, qui jouit d'une réputation controversée de plaque tournante florissante de la GPA, un commerce très lucratif longtemps resté peu encadré et auquel les homosexuels ont largement recours.

Modification de la loi

En février, cependant, une loi interdisant aux étrangers de faire appel à des mères porteuses thaïlandaises a été votée, après plusieurs scandales retentissants.

L'élément déclencheur a été l'abandon d'un bébé né trisomique par un couple australien, qui a cependant gardé sa jumelle, celle-ci n'étant pas atteinte par le syndrome de Down.

Dans le cas de Gordon Lake et de Manuel Valero, la mère porteuse, uniquement connue sous le surnom d'«Oy», était déjà enceinte lorsque ces scandales ont éclaté. Elle a donc mis au monde l'enfant avant de le confier à ce couple. Mais elle n'a pas officiellement signé les derniers documents requis, laissant les deux hommes dans une impasse.

Inquiétudes

Elle nie cependant tout lien entre son attitude et leur orientation sexuelle et a affirmé être «inquiète pour le bébé, pour son avenir et de la possibilité qu'il tombe entre les mains de trafiquants d'êtres humains», sans détailler plus avant ses craintes.

Selon M. Lake, le couple a depuis essayé à trois reprises de rencontrer Oy, mais à chaque fois celle-ci s'est désistée au dernier moment. «Nous voulons seulement lui parler (...) et trouver une solution pour qu'elle puisse être à l'aise en sachant que nous sommes de bons parents et que Carmen est dans une bonne famille», a-t-il ajouté. (afp)

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