Double meurtre près de Paris: Un couple regretté et un petit garçon traumatisé
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Double meurtre près de ParisUn couple regretté et un petit garçon traumatisé

Les médias français dressent le portrait de Jean-Baptiste Salvaing et Jessica Schneider, le couple assassiné lundi soir par Larossi Abballa.

par
joc

Les deux policiers tués lundi soir par le présumé jihadiste Larossi Abballa s'appelaient Jean-Baptiste Salvaing et Jessica Schneider. L'homme, âgé de 42 ans, était commandant de police, chef adjoint à la sûreté urbaine aux Mureaux. Un de ses collègues évoque une personne «très appréciée et très sportive». Sur RTL, une parente a confié que Jean-Baptiste Salvaing était «un garçon très droit avec une moralité hors pair. C'est un gamin qui était brillant, qui venait d'être promu commandant. Il ne méritait pas ça.»

La soeur de la victime, effondrée, a raconté qu'elle débordait d'admiration pour celui que son entourage surnommait «Jibé» ou «Kiki». Ce passionné de rugby décrit était «la gentillesse incarnée, loin de l'image du type qui joue au shérif dans son quartier (...) C'était un mec bienveillant tout simplement», témoigne un officier qui a travaillé avec lui. Le policier avait gravi les échelons hiérarchiques et s'était distingué au milieu des années 2000 en arrêtant un pervers qui semait la terreur à Magnanville.

Sa compagne, Jessica Schneider, 36 ans, travaillait comme secrétaire administrative au commissariat de Mantes-la-Jolie. «Son petit bonhomme, elle l'installait sur un tabouret au bout du comptoir, le temps de commander un plat ou deux, d'embrasser la patronne avant de rentrer chez elle», raconte au «Parisien» une employée d'un restaurant où la trentenaire avait ses habitudes. Cette personne se souvient de Jessica comme d'un «véritable boute-en-train qui mettait du lien entre les gens». «Je ne peux pas imaginer qu'elle est morte. C'était une gentille femme qui n'avait rien demandé à personne. La semaine dernière encore, nous discutions de cuisine... », déplore un policier.

Un enfant traumatisé

Le couple avait un jeune garçon âgé de 3 ans, présent au moment du drame. Dans la vidéo publiée par Larossi Abballa en direct sur Facebook, l'enfant apparaissait d'ailleurs en arrière-plan et le meurtrier expliquait qu'il ne savait pas encore ce qu'il allait faire de lui. Le petit a survécu au drame, mais il est évidemment très choqué. Les parents de Jean-Baptiste Salvaing l'ont pris en charge. «Contrairement à ce que l'on imagine, plus les enfants sont jeunes, plus le traumatisme est grand», explique au Huffington Post la psychiatre Muriel Salmona. Celle-ci estime que le petit garçon a subi «un traumatisme majeur qui va engendrer des troubles psychosomatiques pendant très longtemps». Selon elle, effacer un moment aussi atroce n'est pas possible, mais les spécialistes peuvent faire en sorte d'agir sur la mémoire de ce drame, la mémoire dite traumatique.

Minute d'applaudissements pour le policier et sa femme

Une minute d'applaudissements a été observée avant le coup d'envoi de France-Albanie, match de l'Euro-2016 mercredi à Marseille, en hommage au policier et sa femme, secrétaire administrative au commissariat de Mantes-la-Jolie, tués par un djihadiste.

Il était prévu qu'une minute de silence soit aussi observée mercredi soir à 20H30 dans les fan zones de l'Euro-2016 en hommage aux deux victimes assassinées il y a deux jours à Magnanville (Yvelines).

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