TPI: Un criminel de guerre serbe travaillait pour la CIA
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TPIUn criminel de guerre serbe travaillait pour la CIA

Jovica Stanisic, ancien chef du renseignement serbe inculpé de crimes contre l'humanité par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPI), a travaillé pour la CIA pendant la guerre des Balkans, rapporte lundi le Los Angeles times.

Selon le quotidien américain, M. Stanisic, un ancien proche du défunt président Slobodan Milosevic, a été recruté par un responsable de la CIA, William Lofgren, lorsque celui-ci tentait désespérément de trouver des agents pour l'informer au milieu du chaos qui a suivi l'éclatement de la Yougoslavie.Au cours de plusieurs entretiens à Belgrade, Jovica Stanisic aurait livré des détails secrets sur le fonctionnement du régime Milosevic, précise-t-il.Il aurait donné à la CIA des informations sur les lieux de détention de soldats de l'Otan et l'aurait aidée à localiser des fosses communes et à mettre en place un réseau de bases secrètes en Bosnie, précise le journal.Pendant sept ans, M. Stanisic fut le témoin numéro un des faits et gestes de Slobodan Milosevic. Il a été inculpé par le TPI de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre contre des civils non serbes pendant les guerres en Croatie (1991-1995) et en Bosnie-Herzégovine (1992-1995). Il est notamment accusé d'avoir participé avec M. Milosevic à une «entreprise criminelle commune» pour créer une Grande Serbie.Jovica Stanisic, qui risque la prison à vie, plaide non coupable.La CIA a envoyé au TPI un document confidentiel détaillant les contributions de M. Stanisic et témoignant de son rôle positif dans la résolution du conflit en ex-Yougoslavie.Ce document entend montrer «que celui que l'on présente comme un personnage diabolique a fait un bon nombre de bonnes choses» qui «ont permis de mettre fin aux hostilités et in fine contribué à ramener la paix en Bosnie», a déclaré au quotidien américain M. Lofgren, aujourd'hui retraité, tout en précisant que cela n'avait pas pour objectif de réfuter les accusations contre lui.Jovica Stanisic, 58 ans, est actuellement à Belgrade, en liberté provisoire, et soigné à l'hôptal militaire, selon les dernières informations disponibles auprès du TPI.Son procès, prévu le 17 mars 2008, n'a jamais commencé en raison de son état de santé physique et mental.Un rapport psychiatrique l'a ainsi décrit comme suicidaire et en proie à «une grave dépression». Il souffre en outre d'ostéoporose, d'une infection de l'intestin grêle et de calculs rénaux, selon des documents du TPI.Ses avocats réclament de longue date la fin des poursuites à son encontre, mais les juges du TPI ont affirmé à plusieurs reprises qu'il était «apte à être jugé».A Belgrade, le ministre de l'Environnement et haut responsable du Parti démocratique (DS) du président serbe Boris Tadic, Oliver Dulic a déclaré que les informations du Los Angeles Times devaient encore être «vérifiées».Sans présager de la réaction officielle de Belgrade, M. Dulic, qui s'exprimait sur les ondes de la radio B92, a toutefois jugé «un peu dégoûtant» ce retour aux années 1990, estimant que cette histoire «appartient au passé».M. Dulic est jusqu'à présent le seul responsable serbe à avoir réagi aux informations diffusées par le Los Angeles Times, largement reprises par l'ensemble de la presse belgradoise. (afp)

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