Suisse romande: Un culte en slam pour garder la flamme
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Suisse romandeUn culte en slam pour garder la flamme

Un peu partout, les célébrations s’adaptent aux mesures sanitaires. Un office surprenant a eu lieu récemment à Lausanne.

par
Abdoulaye Penda Ndiaye
La basilique de Neuchâtel avait abrité en mai une messe avec un public de paroissiens en… photos.

La basilique de Neuchâtel avait abrité en mai une messe avec un public de paroissiens en… photos.

Afp

«En temps normal, tout le monde chante durant le culte. Mais depuis quelques jours, c’est interdit. L’officiante m’a demandé si je pouvais lire les cantiques sous forme de slam accompagnée de l’organiste.» C’est une expérience à la fois inédite et surprenante mais loin d’être déroutante que Muriel a vécue dimanche dernier dans une église lausannoise.

«Elle a insufflé un rythme et des vibrations joyeuses qui ont porté les fidèles. C’était un moment très beau à vivre», raconte Liliane, une sexagénaire ayant assisté au culte. «J’avais à cœur que la célébration soit jalonnée de paroles et de musique afin que rayonne en chacun la dimension communautaire», salue Françoise, qui a dirigé l’office religieux.

Un double défi

Un peu partout en Suisse romande, les Églises se réinventent pour réussir un double pari: respecter les mesures sanitaires et éviter que les offices religieux ne deviennent soporifiques. Dernièrement, une Église a même fait appel à un élève du Conservatoire de Lausanne pour chanter depuis une pièce annexe. «On l’entendait, on savait qu’il était là mais on ne le voyait pas», se rappelle James.

«À Vallorbe (VD), le culte est devenu plus méditatif et le rôle de l’organiste dans la célébration est devenu plus important», soutient la pasteure Ariane Baehni. Abbé à Saint-Blaise (NE), Leonardo Kamalebo relève que la durée des messes a été raccourcie et leur fréquence augmentée. Car, pour lui, «le Covid ne doit surtout pas signifier le temps du vide».

Vaud et Genève en solistes

Pour limiter les risques de propagation du virus lors des manifestations religieuses, l’assemblée ne peut plus chanter. Exit également les chorales ainsi que les ensembles de chanteurs. Mais la majorité des cantons romands acceptent la prestation d’un soliste. Pour la messe de Noël, Fribourg a même accordé une dérogation spéciale en autorisant un quatuor. En revanche, dans les cantons de Vaud et de Genève, le chant demeure interdit: y compris pour un seul soliste. En Valais, le curé de Viège avait pris la décision de faire fi de l’interdiction des chants lors des cérémonies religieuses. Il a même invité les fidèles à la résistance lors de la messe de Noël. Mais après un rappel à l’ordre de la police, la messe était dite: Pascal Venetz a mis de l’eau dans son vin. «Il n’y a plus de polémique car tout s’est déroulé normalement», a-t-il réagi au téléphone. Avant de raccrocher sèchement.

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