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ZurichUn curateur s’enrichit grâce à des quittances falsifiées

Un homme a empoché 300’000 francs appartenant à une personne dont il devait gérer la fortune. Il risque la prison ferme.

par
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REUTERS

Tout au long de sa vie professionnelle, il a été irréprochable. Le Zurichois a travaillé pendant plusieurs dizaines d’années en tant que comptable, expert financier et caissier d’une association locale. Mais soudainement, à 66 ans, il a commencé à se servir sur le compte d’une autre personne, relate ce mardi le «Tages-Anzeiger».

En l’espace de 3 ans, il a volé près de 300’000 francs appartenant à un homme dont il était le curateur. Pour cela, il a émis de fausses factures et quittances sur son ordinateur pour tromper l’Autorité de protection de l’enfant et de l’adulte. Quand l’homme âgé - dont il gérait la fortune - est décédé, il a continué à empocher son argent. Et comme il n’a pas signalé son décès à la caisse de pension, cette dernière a poursuivi le versement des rentes durant 6 mois.

«J’avais honte»

L’Alémanique a dû se présenter lundi au Tribunal de district de Zurich. Interrogé par les juges, il a expliqué pourquoi il s’était soudainement mis à voler de l’argent après tant d’années d’honnêteté. Il a dit avoir soutenu financièrement pendant des années son frère malade. Selon lui, les prestations sociales que son frère touchait ne permettaient pas de couvrir ses besoins. «Et les caisses maladie n’ont pas pris en charge toutes les thérapies», a-t-il ajouté. Le prévenu a précisé qu’il parvenait à bien soutenir son frère quand il travaillait encore. Mais les choses se seraient rapidement dégradées une fois à la retraite. «J’ai caché le fait que j’avais des soucis financiers. J’avais honte. J’espérais naïvement qu’un miracle allait arriver.»

Mais le miracle n’a jamais eu lieu. A la place, il a été arrêté en juin 2019 par la police. Il a été libéré un jour plus tard après avoir avoué l’intégralité des faits. La défense et le Ministère public, eux, se sont rapidement mis d’accord sur une procédure accélérée. Ils se sont entendus sur la peine proposée au Tribunal de district: 2 ans de prison avec sursis, une amende de 1000 francs ainsi que le remboursement des sommes soustraites.

Procédure ordinaire

Or, la juge a estimé lundi que la peine n’était pas assez sévère. Elle a rappelé que le prévenu travaillait en tant que curateur et que son délit n’était pas des moindres. «Vous aviez des liens d’amitié avec la victime. Vous aviez le devoir de protéger sa fortune. Vous avez agi sans scrupules, même après la mort de votre ami.» Résultat: le Ministère public doit désormais mener une procédure ordinaire et le prévenu risque une peine de prison ferme.

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