Meurtre d'Adeline M.: Un décès tragique et une double responsabilité
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Meurtre d'Adeline M.Un décès tragique et une double responsabilité

Les décisions du Service d'application des peines et de la directrice de la Pâquerette ont permis à Fabrice A. de tuer son éducatrice, laissée seule avec lui.

par
Jérôme Faas

Qui a pris la décision d'autoriser Fabrice A., violeur récidiviste purgeant une peine cumulée de 20 ans de prison, à sortir de prison uniquement accompagné d'une éducatrice aujourd'hui tragiquement décédée? La responsabilité est double, a expliqué ce vendredi Sandra Favre de Oliveira, directrice du Service cantonal de la détention. Elle incombe conjointement au SAPEM, le Service d'application des peines, et à Véronique Merlini, la directrice du centre sociothérapeutique de la Pâquerette où était incarcéré le fugitif.

C'est le SAPEM qui, sur demande de la Pâquerette et fort d'un préavis psychiatrique favorable, a autorisé le principe des conduites accompagnées. Les modalités de ces conduites, en revanche, étaient du ressort de l'établissement lui-même. Autrement dit, il incombait à la directrice de la Pâquerette de déterminer, au cas par cas, si Fabrice A. pouvait sortir, s'il devait être accompagné par un homme ou une femme, s'il devait être encadré par un sociothérapeute, par un gardien ou par les deux à la fois. «Les conditions du traitement sont gérées par la directrice de la Pâquerette», rappelle ainsi le conseiller d'Etat Pierre Maudet.

«La Pâquerette compte onze détenus pour huit éducateurs, trois hommes et cinq femmes, précise Bretrand Levrat, directeur des HUG, dont dépend la structure. Le choix de l'accompagnant est basé sur ses compétences professionnelles et l'analyse de l'équipe.»

Fabrice A. avait effectué sa première conduite accompagnée le 3 septembre. Celle de jeudi, fatale, était donc sa seconde. «Les collaborateurs avaient jugé son comportement adéquat», indique Sandra Favre de Oliveira. Adeline M., forte d'une expérience de plus de 200 conduites accompagnées, a été désignée le matin-même par Véronique Merlini. Vingt-quatre heures plus tard, la police découvrait son corps sans vie dans les bois de Bellevue.

Le parcours d’un meurtrier

Fabrice A., binational franco-suisse né en 1974, commet son premier viol en 1999.

Il est arrêté le 11 août 2000 par la police genevoise.

La chambre d’accusation du bout du lac le libère au bout d’un mois et sept jours de détention.

Durant cette période de liberté, il commet un second viol en France.

Il est condamné à cinq ans de prison par la justice genevoise en octobre 2001.

Le même mois, les forces de l’ordre françaises l’arrêtent.

La cour d’assises de l’Ain le condamne en 2003 à 15 ans de prison.

Fabrice A. demande à exécuter sa peine en Suisse.

Le 1er octobre 2008, il est transféré à la prison de Champ-Dollon.

Le 10 mars 2009, il rejoint les pénitenciers de la plaine de l’Orbe.

Le 29 août 2012, il rejoint la Pâquerette.

Le 19 avril 2013, l’établissement thérapeutique demande à ce qu’il puisse bénéficier de conduites accompagnées.

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