Coronavirus: Un déficit public record est atteint au Royaume-Uni
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CoronavirusUn déficit public record est atteint au Royaume-Uni

Les mesures de soutien à l’économie en crise ont coûté cher. Des montants jamais atteints auparavant selon le Bureau national des statistiques.

«Il est clair que le coronavirus a un impact significatif sur nos finances publiques mais nous savons que sans notre réponse les choses auraient été pires», a réagi le ministre des Finances Rishi Sunak.

«Il est clair que le coronavirus a un impact significatif sur nos finances publiques mais nous savons que sans notre réponse les choses auraient été pires», a réagi le ministre des Finances Rishi Sunak.

Keystone

Le déficit public au Royaume-Uni s’est envolé à 127,9 milliards de livres (environ 152,16 milliards de francs suisses) entre avril et juin, un record, en raison du coût des mesures de soutien à l’économie face à la pandémie, indique mardi le Bureau national des statistiques.

Pertes conséquentes

Ce montant qui correspond au premier trimestre de l’exercice budgétaire 2020-2021 représente à lui seul plus du double du déficit public pour l’ensemble de l’année 2019-2020 (55,4 milliards), précise l’ONS.

Il a atteint pour le mois de juin 35,5 milliards de livres (42,29 milliards de francs suisses), alors que l’économie commençait à se relancer, soit un repli par rapport aux 45,5 milliards enregistrés en mai. La dette publique a, pour sa part, gonflé à 1’983,8 milliards à fin juin soit 99,6% du produit intérieur brut (PIB), un plus haut depuis 1961.

Sans surprise, ce dérapage des finances publiques s’explique selon l’ONS par le coût astronomique du dispositif mis en place par le gouvernement pour maintenir à flot une activité économique à l’arrêt pendant le confinement.

Des indemnisations bienvenues

La mesure la plus coûteuse est le dispositif de chômage partiel qui a bénéficié à 9,4 millions de salariés au Royaume-Uni, dont la paie est prise en charge à 80% par le gouvernement. Ce dernier indemnise également les travailleurs indépendants et a, par ailleurs, injecté en mai des fonds dans les transports londoniens, ce qui a contribué à l’augmentation des dépenses.

«Il est clair que le coronavirus a un impact significatif sur nos finances publiques mais nous savons que sans notre réponse les choses auraient été pires», a réagi le ministre des Finances Rishi Sunak. «Je veux être clair aussi sur le fait qu’à moyen terme nous devons remettre, et nous allons le faire, nos finances publiques sur un chemin plus viable», a-t-il ajouté.

«Revigorer l’économie ralentie»

Le déficit pourrait toutefois encore se dégrader en raison du plan de 30 milliards de livres annoncé par le ministre récemment afin de remettre en route l’économie et de soutenir l’emploi à l’heure du déconfinement.

Selon un rapport récent de l’Office de responsabilité budgétaire (OBR), organisme public de supervision du budget gouvernemental, le déficit public devrait atteindre 322 milliards de livres en 2020-2021, soit 16% du PIB, son niveau le plus élevé en temps de paix depuis 300 ans.

Pour Samuel Tombs, économiste chez Pantheon Macroeconomics, la facture pourrait même être plus salée encore, puisque «le Chancelier devrait dépenser plus lors du budget d’automne pour revigorer l’économie qui a ralenti par rapport à l’avant-Covid».

Ralentissement ou reprise en «V» ?

Le gouvernement tente de réanimer une économie qui vit une récession historique avec une reprise encore incertaine. Le PIB s’est effondré au deuxième trimestre et devrait désormais rebondir avec la réouverture de l’économie.

Andrew Haldane, un responsable de la Banque d’Angleterre (BoE), a lui une nouvelle fois martelé jeudi devant les députés britanniques que le pays connaissait une reprise en «V», soit très rapide, même si cet avis est loin d’être partagé par l’ensemble des économistes, y compris au sein de l’institut monétaire.

Niveau de vie altéré

Le responsable de la BoE assure qu’environ la moitié de la chute d’activité de 25% en mars et avril a déjà été effacée. La pandémie promet par ailleurs d’avoir de lourdes conséquences sur le niveau de vie des Britanniques.

Le centre de réflexion Resolution Foundation affirme mardi dans une étude que le revenu des ménages subit le choc le plus fort depuis le milieu des années 1970, avec une baisse de 4,5% et même de 8% pour les moins aisés, malgré l’augmentation du montant des aides sociales.

(ATS/NXP)

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