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Montreux Jazz FestivalUn départ en force

Le 44ème Montreux Jazz Festival a débuté sous les meilleurs auspices. Pas seulement du point de vue météo, mais aussi grâce à des concerts qui ont enthousiasmé.

En marge, Claude Nobs a révélé que le festival a déposé une demande d'aide auprès du canton de Vaud.

Pour un Claude Nobs, patron du festival, qui redoute toujours des cieux peu cléments qui feraient fuir le public et les vacanciers, le démarrage de la 44ème édition est idéal car plongé dans un véritable fournaise. Malgré le lac à leurs pieds, les festivaliers suent à grosses gouttes et se désaltèrent abondamment.

Changements appréciés

Les changements structurels apportés à l'organisation comme l'accès facilité au Miles Davis Hall sont plébiscités par le public, note Francesco Laratta, porte-parole du festival, interrogé par l'ATS. Question sécurité et affluence, «tout s'est très bien passé».

Surtout que le festival a commencé par une belle surprise. Comme «Melissa auf der Maur» était bloquée au Canada, Claude Nobs a sorti sa baguette magique. A 74 ans, il a une nouvelle fois fait la démonstration de son unique carnet d'adresses et de l'étendue de son réseau de «copains», comme il dit.

Relations et amitiés

Claude Nobs a joint le guitariste John McLaughlin et le batteur Billy Cobham, l'un en train de faire le tour du lac sur son vélo en famille, l'autre à Berne. Ni une ni deux, les compères ont répété l'après-midi et le soir même ont rejoué pour la première fois depuis plus de 25 ans ensemble. Avec un plaisir aussi évident que contagieux.

John McLaughlin s'est réjoui que certains se souviennent du «Mahavishnu Orchestra» remontant aux années 70, ajoutant qu'il pourrait jouer toute la nuit. Et personne n'en aurait douté une seconde.

Retrouvailles

Après le duo réuni au pied levé, «Roxy Music» a montré là aussi que les années n'entamaient pas forcément le talent et le punch, même si la voix de Bryan Ferry a parfois été couverte par celles des quatre puissantes choristes.

Avec ses deux salles principales aux programmations très différentes, Montreux est souvent synonyme de choc frontal comme par exemple samedi. Entre un Willy Mason à l'auditorium Stravinsky, seul avec sa guitare pour des ballades folk calmes, enjouées et nostalgiques et The Dead Weather au Miles Davis Hall peu après, c'était deux mondes.

Chacun ses goûts

Si l'un fait dans la nuance et le charme un peu traînant, le groupe de Jack White vous met vite en transe ou k.o., c'est selon. Niveau des décibels, violence des rythmes, stridence de chants, les amateurs semblaient visiblement comblés et prêts à en redemander.

Pour Francesco Laratta, Norah Jones qui avait pris le relais de Willy Mason dans la grande salle et The Dead Weather, c'est l'exemple même de ce que réussit Montreux. «Deux concerts sublimes, l'un tout d'émotion, l'autre un rock bien fort, bien énergique», c'est «contradictoire», mais cela fait le sel du festival.

Montreux paraît ainsi bien parti pour 16 jours de folie, de passion et de musique, comme le souhaitent son secrétaire général Mathieu Jaton. Avec Claude Nobs, ils ont révélé vendredi soir à l'ATS qu'une demande d'appui financier avait été déposée auprès du canton de Vaud au titre de la loi sur l'appui au développement économique (LADE).

Bon espoir

«C'est sur la bonne voie», a assuré Claude Nobs qui avait poussé un coup de gueule l'an dernier à l'issue du 43ème Montreux Jazz Festival. Il avait vivement déploré le manque d'aide et de reconnaissance de la part du canton. Les retombées économiques du rendez-vous mondialement connu s'élèvent à quelque 50 millions de francs, a affirmé Mathieu Jaton.

D'ici au 17 juillet, le programme de Montreux promet des très grands noms et des découvertes, sans oublier toute la partie de musique gratuite, deux tiers de l'offre montreusienne. Paco de Lucia, Massive Attack, Ben Harper, Keith Jarrett, mais aussi Oy, Sophie Hunger et beaucoup d'autres. (ats)

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