Aéroport d'Heathrow: Un député somme Cameron «d'être un homme»
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Aéroport d'HeathrowUn député somme Cameron «d'être un homme»

Un député conservateur, le parti du Premier ministre britannique, a sommé mardi celui-ci d'être «un homme» et non «une poule mouillée» en en parlant d'une troisième piste à l'aéroport de Londres Heathrow.

Dans une lettre publiée par le Daily Telegraph, Tim Yeo, qui avait soutenu il y a quelques années la position des conservateurs contre cette piste, pour des raisons écologiques, considère que «le monde était alors très différent», avec une économie asiatique moins développée et des émissions de gaz à effet de serre bien supérieures, selon lui.

M. Cameron doit donc «se demander s'il est un homme ou une poule mouillée» dans cette affaire, lance le député, «et s'il veut être un nouveau Harold Macmillan (premier ministre conservateur de 1957 à 1963, NDLR), présidant d'un air digne à une glissade vers l'insignifiance», «ou s'il a quelque part dans le coeur une part de (Margaret) Thatcher, déterminée à renverser la vapeur de notre navire». Pour ce député, un accord immédiat à une telle construction «symboliserait le début d'une nouvelle ère».

Downing Street a réagi en rappelant que les partis de la coalition au pouvoir, conservateurs et libéraux-démocrates, «ont pris l'engagement ne ne pas construire de troisième piste et s'y tiendront». Le vice-premier ministre libéral-démocrate Nick Clegg a confirmé que cette position était «très claire». L'expansion de l'aéroport de Londres Heathrow, plus grand des cinq aéroports de Londres et premier mondial par le trafic international (devant Paris-Charles de Gaulle), est pour les gouvernements britanniques successifs un serpent de mer depuis 2003. Le projet est soutenu par les milieux économiques, mais combattu par les écologistes et les riverains.

La ministre des Transports Justine Greening a assuré mardi que le gouvernement s'apprêtait à lancer un processus destiné à «offrir des solutions bien meilleures et de plus long terme» pour l'aviation britannique. M. Clegg a indiqué aussi que le gouvernement «n'avait pas l'intention de garder la tête dans le sable» sur cette question, soulignant l'importance «d'avoir de bonnes liaisons avec les économies asiatiques et sud-américaines». «Il y a de nombreuses façons d'y parvenir», a-t-il estimé. (afp)

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