«Charlie Hebdo»: Un des hackers menace «Libération»
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«Charlie Hebdo»Un des hackers menace «Libération»

Un des de hackers turcs ayant revendiqué le piratage mercredi du site internet de «Charlie Hebdo» a affirmé «défendre son pays». Et il a menacé le quotidien «Libération».

Les locaux de «Charlie Hebdo» ont été détruits par un incendie criminel mercredi, le jour où paraissait un numéro dont la Une représentait le prophète Mahomet, «rédacteur en chef» d'un journal rebaptisé «Charia Hebdo». Le site internet du journal a en outre été victime d'un piratage informatique.

«Si «Libération» (qui a hébergé l'équipe de Charlie Hebdo après l'incendie) continue à publier ces dessins, nous nous occuperons d'eux aussi», déclare Ekber, un jeune homme de 20 ans, rencontré par «Le Journal du Dimanche» (JDD) à Istanbul.

«Nous défendons notre pays et nos institutions», justifie Ekber auprès du «JDD». Ekber, membre du groupe de pirates turcs Akincilar et surnommé «Black Apple», explique: «Nous ne pensons pas avoir fait quelque chose de mal, ce n'est pas comme si nous avions siphonné des comptes bancaires. C'est une protestation contre une insulte à nos valeurs et nos croyances.»

Cependant, selon le «JDD», Ekber a tenu à se désolidariser de l'attaque au cocktail Molotov qui a ravagé le journal. «Nous ne soutenons pas la violence. L'islam est une religion de paix. Ces actes sont le fait de gens qui se servent de la religion», affirme le jeune homme, étudiant à l'université Isik et futur ingénieur informatique.

Menaces de mort

Ekber explique qu'il n'avait jamais entendu parler de «Charlie Hebdo» auparavant. Mais, après avoir lu sur internet des articles de journaux parlant de la sortie du numéro spécial baptisé «Charia Hebdo», raconte-t-il, le groupe Akincilar a décidé de réagir.

A la suite du piratage du site du journal satirique, la société Bluevision, qui assure son hébergement, l'avait mis hors service après avoir «reçu des menaces de mort». Les Akincilar se présentent comme des «cybers-guerriers», défendant les valeurs de l'islam.

Nicolas Demorand, directeur de la rédaction de «Libération» a jugé «grotesques, ridicules» les menaces proférées par l'un des hackers turcs ayant revendiqué le piratage du site internet de Charlie Hebdo.

Il s'exprimait lors d'une manifestation de soutien à Charlie Hebdo, qui a eu lieu dimanche à Paris, réunissant plusieurs centaines de personnes. Celles-ci ont défendues «le droit au blasphème».

«Il faut une égalité de traitement» entre les différentes religions, a plaidé pour sa part Charb, directeur de la publication du journal. «Il n'y a pas de raison de prendre plus de gants avec les musulmans qu'avec les catholiques ou les juifs» dans le traitement de l'actualité, a-t-il ajouté. (ats)

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