Procès à Nyon (VD): Un directeur téléchargeait du porno enfantin en masse
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Procès à Nyon (VD)Un directeur téléchargeait du porno enfantin en masse

Mille cinq cents fichiers pédophiles ont été trouvés chez le prévenu. Il écope de cent quatre-vingts jours-amendes avec sursis.

par
Renaud Bournoud

«En visionnant ces images on ne peut qu'avoir un haut-le-cœur. Il y a parfois des bébés», s'est offusqué le président du tribunal. Mercredi, un quinquagénaire était jugé pour avoir téléchargé de la pédopornographie à très grande échelle.

Directeur dans une société, il a été pris dans les mailles du filet de l'opération internationale «Falcon». Lors d'une perquisition à son domicile, quelque 1500 fichiers décrits comme très choquants ont été découverts. Le prévenu les avait stockés sur des disquettes en 2003 et en 2005. Il a été condamné une première fois à nonante jours-amendes en 2008.

Mais le ministère public a fait opposition à ce jugement. «Je rappelle que monsieur ne s'est pas arrêté au simple visionnage, il a stocké toutes ces images», a fustigé la substitut du procureur. «Vous ne voulez pas admettre que vous avez un problème», a-t-elle continué. Même interrogation du juge devant l'ampleur du téléchargement: «Il faut vous punir, mais il faudrait peut-être aussi vous soigner.»

«J'ai honte, a timidement rétorqué le quinquagénaire. Je n'étais pas moi-même, je venais de me faire enlever la prostate, d'ailleurs, je n'ai plus de libido maintenant.» Son avocat a certifié, dans la foulée, que son client souffrait «d'un dysfonctionnement érectile total». Des regrets et des explications qui n'ont qu'à moitié convaincu la cour puisqu'elle a doublé sa peine. Le directeur a été condamné à cent quatre-vingts jours-amendes avec sursis.

Démasqué par l’opération Falcon

Lancée en 2004 depuis les Etats-Unis, l’opération «Falcon» a traqué les amateurs de cyberpédophilie dans 120 pays. En Suisse, cette opération a débouché sur plus de 400 perquisitions. Les suspects fréquentaient des sites internet pédophiles américains. Pour la plupart, ils ont été confondus par leur numéro de carte de crédit que les enquêteurs ont retrouvé sur les fichiers-clients de ces sites.

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